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Les poètes

In English, French, Reading matters on 28/09/2011 at 8:24 pm

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To revive a minor vice:

Les poètes – Paul Verlaine/Léo Ferré – 1884/1964

Poets

Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c’est selon la saison
Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
Avec des pas d’oiseaux sous l’aile des chansons

They are queer customers who live on their pens
Or do not live at all depending on the season
They are queer customers who go through mist
With bird steps under the wing of songs

Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Leurs sous dans les bouquins qu’ils n’ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d’une rengaine
Qui nous parle d’amour et de fruit défendu

Their souls are stuck under the bridges of the Seine
Their earnings in the books they have never sold
Their wives are somewhere at the end of old tunes
That tell us of love and the forbidden fruit

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l’alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l’air

They add colour to the grey of cobblestones
And when they tread on them believe they are at sea
They wrap ribbons around the alphabet
And take their words out in the streets for some fresh air

Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d’amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d’absurdité

Occasionally they have dogs to share their misery
Who lick their hands with quills and friendship
With in their muzzles the faithful light
That leads them towards the lands of absurdity

Ce sont de drôles de types qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
Sur les pianos du cœur et les violons de l’âme

They are queer customers who look at flowers
And in their folds see women smiles
They are queer customers who sing of sorrow
On the pianos of the heart and violins of the soul

Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
À leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l’Art

Their feather-shorn arms remember the wings
That literature will later append
To their spectres frozen above dustbins
Where their verses twice over will die as an effect of art

Ils marchent dans l’azur la tête dans les villes
Et savent s’arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l’horreur la tête dans des îles
Où n’abordent jamais les âmes des bourreaux

They walk the azure with their heads in the cities
And know how to stop by to bless horses
They walk into horror with their heads in those islands
Where executioners’ souls never land

Ils ont des paradis que l’on dit d’artifice
Et l’on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l’on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l’égout…

They have highs that are deemed artificial
And their two-bit quatrains are thrown into jail
As if you could quarter an edifice
On the pretext that the bourgeois live in sewers
You’ll find it on YouTube.

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Festival Ferré – 14

In English, French, Reading matters on 04/04/2011 at 10:44 am

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For twenty years, it was Léo Ferré’s fetish song, the one for which he asked the audience to refrain from applauding when it ended, one by which he will always be remembered, and the one with which it is fitting to end this homage tour de chansons which centred on the songs he wrote, rather than on those poems by Baudelaire or Aragon he beautifully served. Maybe some other time for those.
You’ll find the bard this one last time on youtube.com/watch?v=aiXcUTTLud4, and there’s also Bashung’s version with its clip-clop beat of a new century on youtube.com/watch?v=HIVZBAIuGx0 .

Avec le temps – Léo Ferré – 1971

With time

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien

With time
With time, ye know, everything goes away
We forget the face and we forget the voice
When the heart beats no more it’s not worth
Seeking any further, we must let things be and that’s fine

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit

With  time
With time, ye know, everything goes away
The one we adored, whom we sought in the rain
The one we deciphered at a glance
Between words, between lines and under the makeup
Of an oath now about to sleep right through the night
With time everything disappears

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t’a une de ces gueules
À la Galerie Farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s’en va toute seule

With time
With time, ye know, everything goes away
Even the fondest memories look mighty funny
At the Rummage Gallery on the shelves of death
On a Saturday night when tenderness leaves by itself

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhume pour un rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant qui l’on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps va tout va bien

With time
With time, ye know, everything goes away
The one we believed in, for the merest cold, for the slightest thing
The one to whom we gave jewels and fresh air
For whom we’d have sold our soul for a few pennies
In front of whom we groveled as dogs do
With time, ye know, all’s well

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
« Ne rentre pas trop tard. Surtout ne prends pas froid. »

With time
With time, ye know, everything goes away
We forget the passion and we forget the voices
That whispered to us the words of the poor
‘Don’t come back too late. Mind you don’t catch a cold.’

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être, mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues

With time
With time, ye know, everything goes away
And we feel in harness like an exhausted horse
And we feel frozen in an unfamiliar bed
And we feel all alone perhaps, but carefree
And we feel cheated by the wasted years

Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus…

And then, truly
With time, we love no more

Festival Ferré – 13

In English, French, Reading matters on 03/04/2011 at 7:03 pm

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At youtube.com/watch?v=wNP2Q7y-YUI, the brass orchestration is very much 1970s dated but the interpretation of this rather corny song is superb, adding a sense of frailty, power and poetic emotion to this mating of soul and flesh in absentia.

La lettre – Léo Ferré – 1970

The letter

Ton ombre est là, sur ma table, et je ne saurais te dire
Comment le soleil factice des lampes s’en arrange
Je sais que tu es là, que tu ne m’as jamais quitté, jamais
Je t’ai dans moi, au profond, dans le sang, et tu cours dans mes veines
Tu passes dans mon cœur et tu te purifies dans mes poumons
Je t’aime

Your shadow is here, on my table, and I really can’t tell you
How the artificial sun of the lamps copes with it
I know that you are here, that you never left me, never
I have you in me, deep down, in the blood, and you flow in my veins
You enter my heart and purify yourself in my lungs
I love you

Je te bois, je te vis, je t’envulve et c’est bien
Je t’apporte, ce soir, mon enfant de longtemps, celui que je me suis fait, tout seul,
Qui me ressemble, qui te ressemble, qui sort de ton ventre, de ton ventre qui est dans ma tête
Tu es la sœur, la fille, la compagne et la poule de ce Dieu tout brûlant
Qui éclaire nos nuits depuis que nous faisons nos nuits
Je t’aime
Je t’aime

I drink you, I live you, I penetrate you and it’s good
I bring to you tonight my child of old, the one I made for myself by myself
Who looks like me, who looks like you, out of your womb, out of that womb of yours which dwells in my head
You are the sister, the girl, the companion and the slut of this all-burning God
That lights up our nights since we made the nights ours

Il me semble qu’on m’a tiré de toi et qu’on t’a sortie de moi
Quand tu parles, je m’enchante
Quand je chante, je te parle
Nous venons d’ailleurs, tous les deux. Personne ne le sait
Quand je mourrai, tu ne pourras plus vivre que dans l’alarme
Tu n’auras plus un moment à toi
Tu seras mienne, par-delà le chemin qui nous séparera
Et je t’appellerai
Et tu viendras
Si tu mourais, tu m’appellerais

It seems to me I was pulled out of you and you, brought out of me
When you speak, delight is me
When I sing I speak to you
We come from elsewhere, you and I. Nobody knows
When I die, you won’t be able to live any longer except in alarm
You won’t have a moment to yourself any longer
You’ll be mine beyond the track that will keep us apart
And I’ll call out to you
And you’ll come
If you died, you would call me out

Je suis la vie pour toi, et la peine, et la joie, et la Mort
Je meurs dans toi, et nos morts rassemblées feront une nouvelle vie, unique, comme si deux étoiles se rencontraient
Comme si elles devaient le faire de toute éternité, comme si elles se collaient pour jouir à jamais
Ce que tu fais, c’est bien, puisque tu m’aimes
Ce que je fais, c’est bien, puisque je t’aime
A ce jour, à cette heure, à toujours, mon amour
Mon amour…

I am life for you, and sorrow, and joy, and death
I die in you, and our deaths conjoined will make for a new, a unique life, as if two stars met
As if they were meant to from time immemorial, as if they came together to climax for ever
What you do is fine since you love me
What I do is fine since I love you
To this day, to this hour, for all eternity, my love
My love…

Festival Ferré – 12

In English, French, Reading matters on 01/04/2011 at 7:09 pm

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La mélancolie
– Léo Ferré – 1964

Melancholy

La mélancolie
C’est une rue barrée
C’est c’qu’on peut pas dire
C’est dix ans d’purée
Dans un souvenir
C’est ce qu’on voudrait
Sans devoir choisir

Melancholy
It’s a no-entry lane
It’s what you can’t say
It’s ten years messing around
With a memory
It’s what you would want
Without having to choose

La mélancolie
C’est un chat perdu
Qu’on croit retrouvé
C’est un chien de plus
Dans le monde qu’on sait
C’est un nom de rue
Où l’on va jamais

Melancholy
It’s a lost cat you think
You found again
It is one more dog
In this blessèd world
It’s the name of a street
Where you never go

La mélancolie
C’est se r’trouver seul
Place de l’Opéra
Quand le flic t’engueule
Et qu’il ne sait pas
Que tu le dégueules
En rentrant chez toi
C’est décontracté
Ouvrir la télé
Et r’garder distrait
Un Zitrone pressé
T’parler du tiercé
Que tu n’as pas joué

Melancholy
Is finding yourself alone again
Place de l’Opéra
When the cop tells you off
And hasn’t a clue
He makes you puke
Once you’re back home
It’s casually switching
The telly on
And gazing at
A side Carson
Parading his Kit
And phantom golf club

La mélancolie
La mélancolie
C’est voir un mendiant
Chez l’conseil fiscal
C’est voir deux amants
Qui lisent le journal
C’est voir sa maman
Chaque fois qu’on s’voit mal

Melancholy
Melancholy
It’s seeing a beggar
At the tax adviser’s
It’s seeing two lovers
Reading the same paper
It’s seeing your mother
Every time you feel bad

La mélancolie
C’est revoir Garbo
Dans la reine Christine
C’est revoir Charlot
A l’âge de Chaplin
C’est Victor Hugo
Et Léopoldine

Melancholy
It’s seeing Garbo again
In Queen Christina
It’s seeing Charlot
At the age of Chaplin
It’s Victor Hugo
And Léopoldine

La mélancolie
C’est sous la teinture
Avoir les ch’veux blancs
Et sous la parure
Faire la part des ans
C’est sous la blessure
Voir passer le temps
C’est un chimpanzé
Au zoo d’Anvers
Qui meurt à moitié
Qui meurt à l’envers
Qui donn’rait ses pieds
Pour un revolver

Melancholy
It’s under the dye
Having snowy hair
And under the frills
Looking quite your age
It’s under the wound
Seeing time pass by
It is a chimpanzee
At the Antwerp Zoo
Only half alive
Dying upside down
Who’d trade his feet
For a blunderbuss

La mélancolie
La mélancolie
C’est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C’est les bras du Bien
Quand le Mal est beau
C’est quelquefois rien
C’est quelquefois trop

Melancholy
Melancholy
It’s the eyes of dogs
When it’s pelting with bones
It’s the arms of Good
When Bad is good-looking
It is sometimes nothing
It is sometimes too much

La mélancolie
C’est voir dans la pluie
Le sourire du vent
Et dans l’éclaircie
La gueule du printemps
C’est dans les soucis
Voir qu’la fleur des champs

Melancholy
It’s seeing in the rain
The smile of the wind
And in a sunny spell
The fresh face of spring
It’s seeing in daisies
Only the wildflower

La mélancolie
C’est regarder l’eau
D’un dernier regard
Et faire la peau
Au divin hasard
Et rentrer penaud
Et rentrer peinard
C’est avoir le noir
Sans savoir très bien
Ce qu’il faudrait voir
Entre loup et chien
C’est un désespoir
Qu’a pas les moyens
La mélancolie
La mélancolie

Melancholy
Is giving a last look
At flowing water
And bumping
Divine luck off
Then going home sheepish
Or going home cushy
It is feeling dark
Without really knowing
What there is to see
In the haze of dusk
It is despair
That can’t afford itself
Melancholy
Melancholy

youtube.com/watch?v=bpSFeJuBcuA

PS: Of course, there’s no way the brilliant play on words on Léon Zitrone (the French TV presenter) can be duplicated or turned literal; hence my improvisation on Johnny Carson (the US TV host) for lack of knowledge of any equally famous presenter in the English-speaking world in the sixties reporting here on a national addiction comparable to horse-race betting.
And I had to turn marigolds into daisies (the pissenlits of the idiom) to make sense of soucis at some level.

Festival Ferré – 10

In English, French, Reading matters on 29/03/2011 at 9:22 pm

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La poésie fout le camp, Villon ! – Léo Ferré – 1958

Poetry’s falling apart, Villon!

Tu te balances, compagnon
Comme une tringle dans le vent
Et le maroufle que l’on pend
Se fout pas mal de tes chansons
Tu peux toujours t’emmitoufler
Pour la saison chez Gallimard
Tu sais qu’avec ou sans guitare
On finit toujours sur les quais

You’re swinging, fellow of the craft
Like a rod in the wind
And the blighter being hanged
Doesn’t give a fart for your songs
You might just as well wrap yourself
For the season in Gallimard jackets
You know that with or without a guitar
One always ends up on the wharves

La poésie fout le camp, Villon!
Y’a que du néant sous du néon
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

Poetry’s falling apart, Villon!
Under neon light there’s nothing but oblivion
But your songs even in slang
Have centuries riding on their backs

Si je parle d’une ballade
À faire avec mon vieux hibou
On me demandera jusqu’où
Je pense aller en promenade
On ne sait pas dans mon quartier
Qu’une ballade en vers français
Ça se fait sur deux sous de papier
Et sans forcément promener

If I talk of a ballade
I’ll undertake with my old owl
I’ll be asked up to where
I think I’m going for a stroll
In my neck of the woods they know not
That a ballade in French verse
Is done on two cents of paper
Without necessarily going for a walk

La poésie fout le camp, Villon!
Y’a que des bêtas sous du béton
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

Poetry’s falling apart, Villon!
There are only silly billies under concrete
But your songs even in slang
Have centuries riding on their backs

En mil neuf cent cinquante et plus
De tes juges on a les petits
Ça tient de famille à ce que l’on dit
Ça se fout une robe et t’es pendu
Tu vois rien n’a tellement changé
À part le fait que tu n’es plus
Pour rimer les coups de pieds au cul
Que nous ne savons plus donner

In nineteen hundred fifty and then some
Of your judges we have the progeny
It runs in the family they say
They dawn a gown and you’re hanged
Nothing much has changed, you see
Besides the fact that you’re no longer
Here to rhyme the kicks up the arse
That we no longer know how to deliver

La poésie fout le camp, Villon!
Y’a que du néant sous du néon
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

Poetry’s falling apart, Villon!
There’s nothing but nothingness under neon
But your songs even in slang
Have centuries riding on their backs

Emmène-moi dedans ta nuit
Qu’est pas frangine avec la loi
« J’ordonne qu’après mon trépas
Ce qui est écrit soit écrit »
Y’a des corbeaux qui traînent ici
Peut-être qu’ils n’ont plus de pain
Et je n’attendrai pas demain
Pour qu’ils aient un peu de ma vie

Take me away into your night
Which has no truck with the law
‘I instruct that after my death
What is written be written’
There are crows lingering here
Maybe they have no more crumbs
And I won’t wait until tomorrow
For them to have bits of my life

La poésie fout le camp, François!
Emmène-moi, emmène-moi
Nous irons boire à Montfaucon
A la santé de la chanson.

Poetry’s falling apart, François!
Take me away, take me away
We’ll go to Montfaucon
And drink to the health of songs

No video available: Ferré sang the song on stage in 1961 but never recorded it.

Festival Ferré – 7

In English, French, Reading matters on 23/03/2011 at 1:35 am

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An amazing one-old-man performance awaits you at youtube.com/watch?v=gLDZwakJV6A&feature=related: dazzling jubilation perhaps are the words for that ancient mug that blinks and frowns as it belts out words as bronco wild as ever, repeatedly sighs ‘requiem – requiem’ in between strophes, a frail, almost gawky, sidelined presence at times at the forefront of a distant, bloated ensemble as still and dull as a row of quills before a strike.

I’ve just discovered this song on YouTube and it’s the moving interpretation Master Ferré gives it that led me to lyrics I had overlooked at first.

Requiem – Léo Ferré – 1975

Requiem

Pour ce rythme inférieur dont t’informe la Mort
Pour ce chagrin du temps en six cent vingt-cinq lignes
Pour le bateau tranquille et qui se meurt de port
Pour ce mouchoir à qui tes larmes font des signes

For this lowly rhythm of which death informs you
For this sorrow of the times in six hundred and twenty-five lines
For the boat becalmed and pining for a harbour
For this handkerchief to which your tears beckon

Pour le cheval enfant qui n’ira pas bien loin
Pour le mouton gracieux le couteau dans le rouge
Pour l’oiseau descendu qui te tient par la main
Pour l’homme désarmé devant l’arme qui bouge

For the child horse that won’t go very far
For the gracious sheep with a knife in the red
For the shot-down bird that holds you by the hand
For the unarmed man before a moving weapon

Pour tes jeunes années à mourir chaque jour
Pour tes vieilles années à compter chaque année
Pour les feux de la nuit qui enflamment l’amour
Pour l’orgue de ta voix dans ta voix en allée

For your young years spent dying each day
For your old years spent counting each year
For the fires of night that set love ablaze
For the organ of your voice in your voice now lost

Pour la perforation qui fait l’ordinateur
Et pour l’ordinateur qui ordonne ton âme
Pour le percussionniste attentif à ton cœur
Pour son inattention au bout du cardiogramme

For the punching of holes that makes the computer
And for the great architect that puts your soul in order
For the percussionist attentive to your heart
For his lack of attention when the cardiogram ends

Pour l’enfant que tu portes au fond de l’autobus
Pour la nuit adultère où tu mets à la voile
Pour cet amant passeur qui ne passera plus
Pour la passion des araignées au fond des toiles

For the child you carry to the back of the bus
For the adulterous night when you make way under sail
For that fleeting lover who won’t fleet round again
For the passion of spiders in the depths of their webs

Pour l’aigle que tu couds sur le dos de ton jeans
Pour le loup qui se croit sur les yeux de quelqu’un
Pour le présent passé à l’imparfait du spleen
Pour le lièvre qui passe à la formule Un

For the eagle you stitch on the back of your jeans
For the wolf that thinks he is on someone’s eyes
For the present spent in the imperfect of spleen
For the hare that goes on to Formula One

Pour le chic d’une courbe où tu crois t’évader
Pour le chiffre évadé de la calculatrice
Pour le regard du chien qui veut te pardonner
Pour la Légion d’Honneur qui sort de ta matrice

For the chic of a curve by which you think you’re escaping
For the figure set free from a calculator
For the eyes of the dog that wants to forgive you
For the Legion of Honour that comes out of your matrix

Pour le salaire obscène qu’on ne peut pas montrer
Pour la haine montant du fond de l’habitude
Pour ce siècle imprudent aux trois quarts éventé
Pour ces milliards de cons qui font la solitude

For the obscene salary that can’t be shown around
For the hatred coming out of the dregs of habit
For this rash century three-quarters past its best
For those billions of jerks that make for loneliness

Pour tout ça le silence

For all of that, silence

Festival Ferré – 4

In English, French, Reading matters on 19/03/2011 at 10:02 pm

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C’est extra
– Léo Ferré – 1969

How superb!

Une robe de cuir comme un fuseau
Qu’aurait du chien sans l’faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C’est extra
Un Moody Blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller

A tapering leather sheath dress
With an unwitting sex-appeal of sorts
And in it like a seaman
A girl who pitches an English tune
How superb
A Moody Blues song of the night
Like a satin of white betrothed
And in the harbour of this night
A girl who pitches and comes to moor

C’est extra c’est extra
C’est extra c’est extra

How superb (x4)

Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d’la musique en bas des reins
Ce jazz qui d’jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C’est extra
Ces mains qui jouent de l’arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui brille

Hair falling like night falls
And music to the small of the back
That jazz that gossips in the dark
And that ache that does us good
How superb
Those hands that play rainbows
On the guitar of life
And then those cries sent heavenward
Like a cigarette that gleams

C’est extra c’est extra
C’est extra c’est extra

How superb (x4)

Ces bas qui tiennent hauts perchés
Comme les cordes d’un violon
Et cette chair que vient troubler
L’archet qui coule ma chanson
C’est extra
Et sous le voile à peine clos
Cette touffe de noir jésus
Qui ruisselle dans son berceau
Comme un nageur qu’on n’attend plus

Those stockings holding high up
Like the strings of a violin
And those stirrings of the flesh
From the bow that pours out my song
How superb
And under a hardly enclosed veil
That tuft of black Jesus
That ripples in its cradle
Like a swimmer no longer expected

C’est extra c’est extra
C’est extra c’est extra

How superb (x4)

Une robe de cuir comme un oubli
Qu’aurait du chien sans l’faire exprès
Et dedans comme un matin gris
Une fille qui tangue et qui se tait
C’est extra
Les Moody Blues qui s’en balancent
Cet ampli qui n’veut plus rien dire
Et dans la musique du silence
Une fille qui tangue et vient mourir

A leather dress like an omission
With an unwitting sex-appeal of sorts
And in it like a grey morning
A girl who pitches and keeps silent
How superb
The Moody Blues that don’t give a swing
That amp now meaningless
And in the music of silence
A girl who pitches and comes to die

C’est extra
C’est extra
C’est extra
C’est extra

How superb (x4)

youtube.com/watch?v=ABjif5N1uKE

Festival Cabrel – 8

In English, French, Reading matters on 27/01/2011 at 9:25 pm


Elle écoute pousser les fleurs
– Francis Cabrel – 1980

She listens to the flowers grow

Elle écoute pousser les fleurs
Au milieu du bruit des moteurs
Avec de l’eau de pluie
Et du parfum d’encens
Elle voyage de temps en temps
Elle n’a jamais rien entendu
Des chiens qui aboient dans la rue
Elle fait du pain doré
Tous les jours à quatre heures
Elle mène sa vie en couleurs

She listens to the flowers grow
Amidst the noise of engines
With rain water
And incense scents
She travels from time to time
She’s never heard a thing
Of the dogs that bark in the street
She bakes golden brown bread
Every day at four o’clock
She lives her life in colour

Elle collectionne
Les odeurs de l’automne
Et les brindilles de bois mort
Quand l’hiver arrive
Elle ferme ses livres
Et puis doucement
Elle s’endort sur des tapis de laine
Au milieu des poupées indiennes
Sur les ailes en duvet
De ses deux pigeons blancs
Jusqu’aux premiers jours du printemps

She collects
Autumn smells
And dead wood twigs
When winter comes
She closes her books
And then softly
Falls asleep on woollen carpets
Amidst Indian dolls
On the downed wings
Of her two white pigeons
Until the first days of spring

Elle dit qu’elle va faire
Le tour de la terre
Qu’elle sera rentrée pour dîner
Les instants fragiles
Les mots inutiles
Elle sait tout cela
Quand elle écoute pousser les fleurs
Au milieu du bruit des moteurs
Quand les autres s’emportent
Quand j’arrive à m’enfuir
C’est chez elle que je vais dormir

She says she’ll go
Around the world
And will be back for dinner
Frail instants
Useless words
She knows all this
When she listens to the flowers grow
Amidst the noise of engines
When others lose their tempers
When I manage to escape
It’s at her place I go and sleep

Et c’est vrai que j’ai peur de lui faire un enfant…

And it’s true that I dread making her pregnant

youtube.com/watch?v=uKTxlPkAHmA&feature=related

You call this poetry?

In English, French on 12/09/2010 at 2:56 pm

 

‘He heard from behind his head the burly anaesthetist calling for the atropine, and the high ceiling of the ward began to cut out neatly in square blocks. She came to him, dressed in white like a nurse or perhaps a bride instructed to assist. Over her shoulder, he saw a narrowing tunnel, all that must be relinquished. He could imagine coming to, signing the discharge papers, drinking tea, going home, but not how to erase her image, or forget the snap of her bright shears.’

The above quotation is rather loose prose, wouldn’t you say? Someone having a bad dream perhaps? or under sedation? Nay. Conveniently sliced, this is what the Times Literary Supplement customarily fills a blank in the page with by calling it a poem.* The above is the whole text, except for title and signature.
[* In this case, TLS 3/9/10 p10]
What’s poetic about those lines, I wonder, that any worthy prose writer can’t more than routinely match, snap of bright shears included? Or is it that, in order to enjoy poetry one has to turn to novels? Try this:

‘It was the rooftop summer
drinks or dinner
a wedged garden with a wrought iron table
that’s spored along its curved legs with
oxide blight
and maybe those are old French roses
climbing the chimney pot
a color called maiden’s blush
or a long terrace
with a slate surface and birch trees in copper tubs
and the laughter of a dozen people sounding
small and precious
in the night
floating over the cold soup toward skylights and
domes and
water tanks
or a hurry-up lunch
an old friend
beach chairs and
takeout Chinese and
how the snapdragons smell buttery in the sun’

This has got a swing to it, quaintness, colour, and meat besides. In case you missed it, it’s Don DeLillo in Underworld.

Mind you, ce n’est pas mieux en français. En voici un autre, de « poème », intégral lui aussi, fors le titre et le nom de l’auteur :

« À l’arrêt du tramway face au square se tient une jeune fille enveloppée d’un manteau, prête à saisir quelqu’un par la manche, à en agripper un autre par les revers. Tendue devant elle, la main, en suspens au-dessus de la poignée d’une valise, de l’anse d’un sac. Au creux de son pouce sèche une étoile tatouée. »

Je me dois d’ajouter qu’il s’agit d’une traduction : peut-être était-ce sublime dans le néanderthalais original ? Bien vu, certes, l’affaire d’un coup d’œil, un instantané qui dure, mais comme disait l’autre tantôt : ‘Where’s the beef?’ C’est ça qui fait vibrer les cordes du cœur et grésiller les neurones de nos jours ? Alors, allons voir ailleurs, où ça foisonne :

‘Elle avait un joli nom
elle s’appelait Somapraba
et une femme qui parlait
la langue indienne à la maison
m’avait traduit son nom
ça voulait dire “brille comme la lune”
et c’est vrai qu’elle brillait de beauté
et en même temps elle était
timide
comme on imagine
la lune
elle restait toujours à distance
elle s’asseyait sur un rocher
au-dessus du ruisseau
et elle regardait les enfants
qui jouaient dans l’eau’

C’est bien sûr, en toute simplicité, Le Clézio, dans Révolutions, un exemple entre cent mille.

D’où je conclus que la poésie contemporaine est avant tout affaire
de ciseaux
et de césure
peuchère
et qu’on nous taille des croupières
pour pas un rond
en nous prenant pour des
– trouvez la rime, qui, comme on sait, n’est plus de saison.

Immortal me

In English on 21/02/2010 at 11:26 pm

 

A strange thing happened to me last night: I achieved immortality without really trying.

I’m deep into French translation of Phan Ma Ba when the living room phone rings.

‘Hello. This is Seree, Chart’s friend, the poet, who helped you out the other day with the north-eastern dialect. I’ve written an eight-line poem for the inauguration of a bridge over the road in front of *** University. Could you…’

‘Hold on, my desk phone’s ringing. … Oh, hi, Chart, I’m busy with your friend Seree on the other line. I’ll call you back.’

‘…could you translate it into English, so that it features there too?’

Did he say in cement or granite or was it in marble with gold lettering?

I didn’t promise anything, loath as I am to deal at all with fluffy Thai poetry, yet spelt out my email address for him – and within minutes got the poem.

สะพานเชื่อมรัก-เชื่อมรู้

เชื่อมรอยเท้าต่อรอยเท้าเพื่อก้าวข้าม
สู่ความงาม  ความฝัน  อันสดใส
จากในรั้ว  นอกรั้ว  มหาวิทยาลัย
หลอมรวมใจสืบศึกษาวิชาการ 

เชื่อมสัมพันธ์บนวิถีสันติสุข
เป็นแรงปลุกเปี่ยมรักสมัครสมาน
ให้เติบตนต้นไม้อุดมการณ์|
แผ่ร่มเงางามไพศาลเขียวขจี
เสรี  ทัศนศิลป์

This took my fancy.

So much so that for the first time in my life, in less than a couple of hours, am I on speed or what, I peed eight verses in English that rhymed. Oh wow! I’d never achieved this much in those dreary titbits of poems I’ve had to waddle through in those novels I transubstantiate for a living.

Nai Seree, who for some reason a moment later reacted in apologetic Thaiglish, was delighted, and so it’s confirmed: from now on, fellow humans, give me room, I’m immortal, cast in stone or granite or marble is it with gold lettering.

Meanwhile I called back Chart. ‘You free on the 25th for Jean’s wedding party?’

‘The books are out, so I owe you some copies and money too.’

‘And I need to teach you formatting.’

And so it was agreed that next Thursday Chart will drop by here prior to our attending the wedding feast in the neighbourhood.

‘Will Soi come too?’

‘She’s the one driving.’

‘How about the dogs?’

‘Let me think about it.’

What about that poem, you say? All right, don’t laugh, here it goes: 

A link of love and learning

Joining footprint to footprint in suspense
From within and without the university fence
To step towards beauty and radiant dreaming
By smelting hearts along with technical learning

Forging connections in happiness and peace
Awakens common feelings of love and ease
To let the tree of ideals ever expand
Its mighty foliage, vast and verdant

Seree Thassanasilp