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Les poètes

In English, French, Reading matters on 28/09/2011 at 8:24 pm

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To revive a minor vice:

Les poètes – Paul Verlaine/Léo Ferré – 1884/1964

Poets

Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c’est selon la saison
Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
Avec des pas d’oiseaux sous l’aile des chansons

They are queer customers who live on their pens
Or do not live at all depending on the season
They are queer customers who go through mist
With bird steps under the wing of songs

Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Leurs sous dans les bouquins qu’ils n’ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d’une rengaine
Qui nous parle d’amour et de fruit défendu

Their souls are stuck under the bridges of the Seine
Their earnings in the books they have never sold
Their wives are somewhere at the end of old tunes
That tell us of love and the forbidden fruit

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l’alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l’air

They add colour to the grey of cobblestones
And when they tread on them believe they are at sea
They wrap ribbons around the alphabet
And take their words out in the streets for some fresh air

Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d’amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d’absurdité

Occasionally they have dogs to share their misery
Who lick their hands with quills and friendship
With in their muzzles the faithful light
That leads them towards the lands of absurdity

Ce sont de drôles de types qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
Sur les pianos du cœur et les violons de l’âme

They are queer customers who look at flowers
And in their folds see women smiles
They are queer customers who sing of sorrow
On the pianos of the heart and violins of the soul

Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
À leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l’Art

Their feather-shorn arms remember the wings
That literature will later append
To their spectres frozen above dustbins
Where their verses twice over will die as an effect of art

Ils marchent dans l’azur la tête dans les villes
Et savent s’arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l’horreur la tête dans des îles
Où n’abordent jamais les âmes des bourreaux

They walk the azure with their heads in the cities
And know how to stop by to bless horses
They walk into horror with their heads in those islands
Where executioners’ souls never land

Ils ont des paradis que l’on dit d’artifice
Et l’on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l’on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l’égout…

They have highs that are deemed artificial
And their two-bit quatrains are thrown into jail
As if you could quarter an edifice
On the pretext that the bourgeois live in sewers
You’ll find it on YouTube.

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De fil en bobine

In English, French, Reading matters on 12/05/2011 at 8:09 pm

C’est curieux comme les choses s’enchaînent sur la toile. Cherchant midi à dix-sept heures vu le décollage horaire en été avec l’amère patrie, j’ai découvert tantôt, à partir du Babel de lyricstranslate.com, un groupe de métal hurlant qui massacre cruellement le poème archiconnu de Verlaine ‘Soleils couchants’ jadis sublimement goualé par Ferré,
ce qui m’a conduit à examiner par acquis d’inconscience le répertoire de Peste Noire,
ce qui m’a conduit au ‘Mort joyeux’, un poème de Baudelaire que j’ai sans doute oublié depuis le temps où les Fleurs du Mal étaient au programme de la maternelle,
ce qui m’a conduit à un site de traductions plurielles des poèmes dudit, fleursdumal.org,
ce qui m’a conduit par la bande à poesies.net,
ce qui m’a conduit en farfouille à Paul Valéry.
Et là, je suis tombé sur ‘La fileuse’, qui reste un de mes poèmes favoris appris par cœur il y a cinquante ans.

Cela m’a remis en mémoire tel épisode d’il y a plus d’un quart de siècle.
L’époque étant pour moi difficile, le journaliste freelance que j’étais avait accepté de cornaquer une équipe de télé française monolingue et bisexuelle en reportage dans le nord de la Thaïlande, que j’épatai bientôt par ma connaissance du hokkien et du hakka sans peine, vu qu’un polyglotte ventru du cru me les traduisait en thaï primaire.
Ce jour-là, nous visitions une filature de derrière les fa guo où trois douzaines de femmes tribales suaient leurs cotonnades à carder et filer à longueur d’ennui du coton exotique. Elles crapahutaient à même le sol dans un vaste hangar lugubre sur des métiers primaires et n’en revenaient pas dans leur candeur que des farangs s’intéressassent pour le quart d’heure à leurs cardeurs. D’humeur fumasse, j’ai clamé impromptu : « Assise la fileuse au bleu de la croisée… »
Je n’avais pas fini la strophe que l’homme de télé, se sentant peut-être visé, m’intimait : « Eh, ça va, on le sait que t’es de l’ENA !
— Moi, de l’ENA ? Pas du tout. De l’École normale de Toulouse seulement. »
Alors, ne m’en voulez pas s’il m’a pris la lubie aujourd’hui de traduire ce très controuvé texte beau comme une sucette au haschisch Parmentier de feu Valéry Ambroise Paul Toussaint Jules. Here goes.

La fileuse – Paul Valéry – 1920

The spinning lass

Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline;
Le rouet ancien qui ronfle l’a grisée.

Seated, the spinning lass at the windowsill blue
Where the melodious garden indolently nods.
The ancient spinning wheel that purrs got her drunken.

Lasse, ayant bu l’azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite s’incline.

Weary, having imbibed the azure, of spinning the cuddly
Web of hair, to her so weak fingers evasive,
She daydreams and her little head forward leans.

Un arbuste et l’air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse, arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l’oisive.

A shrub and pure air a vivid spring do make
Which, hanging to the day, delicious, waters
With its flower losses the idle lass’s garden.

Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet, sa rose.

A stem, where the wandering wind rests,
Bows the vain greetings of its starred grace,
Dedicating, splendid, to the old spinning wheel, its rose.

Mais la dormeuse file une laine isolée;
Mystérieusement l’ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

But the sleeping lass spins wool of a kind.
Mysteriously the frail shadow weaves itself
Along her tapering fingers in sleep, complete.

Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, au doux fuseau crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse…

The daydream unwinds with angelic laziness,
And without surcease, on the soft credulous spindle,
The web of hair ripples as caresses dictate.

Derrière tant de fleurs, l’azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte:
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

Behind so many flowers the azure hides away,
Spinning lass girded with foliage and light:
The entire green sky is dying. The last tree burns.

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir… Tu es éteinte

Your sister, the tall rose window where a woman saint smiles,
Flavours your vague forehead with the wind
Of her innocent breath and you think you are pining…

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.

You are extinct at the windowsill blue where you used to spin wool.

Festival Ferré – 14

In English, French, Reading matters on 04/04/2011 at 10:44 am

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For twenty years, it was Léo Ferré’s fetish song, the one for which he asked the audience to refrain from applauding when it ended, one by which he will always be remembered, and the one with which it is fitting to end this homage tour de chansons which centred on the songs he wrote, rather than on those poems by Baudelaire or Aragon he beautifully served. Maybe some other time for those.
You’ll find the bard this one last time on youtube.com/watch?v=aiXcUTTLud4, and there’s also Bashung’s version with its clip-clop beat of a new century on youtube.com/watch?v=HIVZBAIuGx0 .

Avec le temps – Léo Ferré – 1971

With time

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien

With time
With time, ye know, everything goes away
We forget the face and we forget the voice
When the heart beats no more it’s not worth
Seeking any further, we must let things be and that’s fine

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit

With  time
With time, ye know, everything goes away
The one we adored, whom we sought in the rain
The one we deciphered at a glance
Between words, between lines and under the makeup
Of an oath now about to sleep right through the night
With time everything disappears

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t’a une de ces gueules
À la Galerie Farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s’en va toute seule

With time
With time, ye know, everything goes away
Even the fondest memories look mighty funny
At the Rummage Gallery on the shelves of death
On a Saturday night when tenderness leaves by itself

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhume pour un rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant qui l’on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps va tout va bien

With time
With time, ye know, everything goes away
The one we believed in, for the merest cold, for the slightest thing
The one to whom we gave jewels and fresh air
For whom we’d have sold our soul for a few pennies
In front of whom we groveled as dogs do
With time, ye know, all’s well

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
« Ne rentre pas trop tard. Surtout ne prends pas froid. »

With time
With time, ye know, everything goes away
We forget the passion and we forget the voices
That whispered to us the words of the poor
‘Don’t come back too late. Mind you don’t catch a cold.’

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être, mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues

With time
With time, ye know, everything goes away
And we feel in harness like an exhausted horse
And we feel frozen in an unfamiliar bed
And we feel all alone perhaps, but carefree
And we feel cheated by the wasted years

Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus…

And then, truly
With time, we love no more

Festival Ferré – 13

In English, French, Reading matters on 03/04/2011 at 7:03 pm

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At youtube.com/watch?v=wNP2Q7y-YUI, the brass orchestration is very much 1970s dated but the interpretation of this rather corny song is superb, adding a sense of frailty, power and poetic emotion to this mating of soul and flesh in absentia.

La lettre – Léo Ferré – 1970

The letter

Ton ombre est là, sur ma table, et je ne saurais te dire
Comment le soleil factice des lampes s’en arrange
Je sais que tu es là, que tu ne m’as jamais quitté, jamais
Je t’ai dans moi, au profond, dans le sang, et tu cours dans mes veines
Tu passes dans mon cœur et tu te purifies dans mes poumons
Je t’aime

Your shadow is here, on my table, and I really can’t tell you
How the artificial sun of the lamps copes with it
I know that you are here, that you never left me, never
I have you in me, deep down, in the blood, and you flow in my veins
You enter my heart and purify yourself in my lungs
I love you

Je te bois, je te vis, je t’envulve et c’est bien
Je t’apporte, ce soir, mon enfant de longtemps, celui que je me suis fait, tout seul,
Qui me ressemble, qui te ressemble, qui sort de ton ventre, de ton ventre qui est dans ma tête
Tu es la sœur, la fille, la compagne et la poule de ce Dieu tout brûlant
Qui éclaire nos nuits depuis que nous faisons nos nuits
Je t’aime
Je t’aime

I drink you, I live you, I penetrate you and it’s good
I bring to you tonight my child of old, the one I made for myself by myself
Who looks like me, who looks like you, out of your womb, out of that womb of yours which dwells in my head
You are the sister, the girl, the companion and the slut of this all-burning God
That lights up our nights since we made the nights ours

Il me semble qu’on m’a tiré de toi et qu’on t’a sortie de moi
Quand tu parles, je m’enchante
Quand je chante, je te parle
Nous venons d’ailleurs, tous les deux. Personne ne le sait
Quand je mourrai, tu ne pourras plus vivre que dans l’alarme
Tu n’auras plus un moment à toi
Tu seras mienne, par-delà le chemin qui nous séparera
Et je t’appellerai
Et tu viendras
Si tu mourais, tu m’appellerais

It seems to me I was pulled out of you and you, brought out of me
When you speak, delight is me
When I sing I speak to you
We come from elsewhere, you and I. Nobody knows
When I die, you won’t be able to live any longer except in alarm
You won’t have a moment to yourself any longer
You’ll be mine beyond the track that will keep us apart
And I’ll call out to you
And you’ll come
If you died, you would call me out

Je suis la vie pour toi, et la peine, et la joie, et la Mort
Je meurs dans toi, et nos morts rassemblées feront une nouvelle vie, unique, comme si deux étoiles se rencontraient
Comme si elles devaient le faire de toute éternité, comme si elles se collaient pour jouir à jamais
Ce que tu fais, c’est bien, puisque tu m’aimes
Ce que je fais, c’est bien, puisque je t’aime
A ce jour, à cette heure, à toujours, mon amour
Mon amour…

I am life for you, and sorrow, and joy, and death
I die in you, and our deaths conjoined will make for a new, a unique life, as if two stars met
As if they were meant to from time immemorial, as if they came together to climax for ever
What you do is fine since you love me
What I do is fine since I love you
To this day, to this hour, for all eternity, my love
My love…

Festival Ferré – 12

In English, French, Reading matters on 01/04/2011 at 7:09 pm

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La mélancolie
– Léo Ferré – 1964

Melancholy

La mélancolie
C’est une rue barrée
C’est c’qu’on peut pas dire
C’est dix ans d’purée
Dans un souvenir
C’est ce qu’on voudrait
Sans devoir choisir

Melancholy
It’s a no-entry lane
It’s what you can’t say
It’s ten years messing around
With a memory
It’s what you would want
Without having to choose

La mélancolie
C’est un chat perdu
Qu’on croit retrouvé
C’est un chien de plus
Dans le monde qu’on sait
C’est un nom de rue
Où l’on va jamais

Melancholy
It’s a lost cat you think
You found again
It is one more dog
In this blessèd world
It’s the name of a street
Where you never go

La mélancolie
C’est se r’trouver seul
Place de l’Opéra
Quand le flic t’engueule
Et qu’il ne sait pas
Que tu le dégueules
En rentrant chez toi
C’est décontracté
Ouvrir la télé
Et r’garder distrait
Un Zitrone pressé
T’parler du tiercé
Que tu n’as pas joué

Melancholy
Is finding yourself alone again
Place de l’Opéra
When the cop tells you off
And hasn’t a clue
He makes you puke
Once you’re back home
It’s casually switching
The telly on
And gazing at
A side Carson
Parading his Kit
And phantom golf club

La mélancolie
La mélancolie
C’est voir un mendiant
Chez l’conseil fiscal
C’est voir deux amants
Qui lisent le journal
C’est voir sa maman
Chaque fois qu’on s’voit mal

Melancholy
Melancholy
It’s seeing a beggar
At the tax adviser’s
It’s seeing two lovers
Reading the same paper
It’s seeing your mother
Every time you feel bad

La mélancolie
C’est revoir Garbo
Dans la reine Christine
C’est revoir Charlot
A l’âge de Chaplin
C’est Victor Hugo
Et Léopoldine

Melancholy
It’s seeing Garbo again
In Queen Christina
It’s seeing Charlot
At the age of Chaplin
It’s Victor Hugo
And Léopoldine

La mélancolie
C’est sous la teinture
Avoir les ch’veux blancs
Et sous la parure
Faire la part des ans
C’est sous la blessure
Voir passer le temps
C’est un chimpanzé
Au zoo d’Anvers
Qui meurt à moitié
Qui meurt à l’envers
Qui donn’rait ses pieds
Pour un revolver

Melancholy
It’s under the dye
Having snowy hair
And under the frills
Looking quite your age
It’s under the wound
Seeing time pass by
It is a chimpanzee
At the Antwerp Zoo
Only half alive
Dying upside down
Who’d trade his feet
For a blunderbuss

La mélancolie
La mélancolie
C’est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C’est les bras du Bien
Quand le Mal est beau
C’est quelquefois rien
C’est quelquefois trop

Melancholy
Melancholy
It’s the eyes of dogs
When it’s pelting with bones
It’s the arms of Good
When Bad is good-looking
It is sometimes nothing
It is sometimes too much

La mélancolie
C’est voir dans la pluie
Le sourire du vent
Et dans l’éclaircie
La gueule du printemps
C’est dans les soucis
Voir qu’la fleur des champs

Melancholy
It’s seeing in the rain
The smile of the wind
And in a sunny spell
The fresh face of spring
It’s seeing in daisies
Only the wildflower

La mélancolie
C’est regarder l’eau
D’un dernier regard
Et faire la peau
Au divin hasard
Et rentrer penaud
Et rentrer peinard
C’est avoir le noir
Sans savoir très bien
Ce qu’il faudrait voir
Entre loup et chien
C’est un désespoir
Qu’a pas les moyens
La mélancolie
La mélancolie

Melancholy
Is giving a last look
At flowing water
And bumping
Divine luck off
Then going home sheepish
Or going home cushy
It is feeling dark
Without really knowing
What there is to see
In the haze of dusk
It is despair
That can’t afford itself
Melancholy
Melancholy

youtube.com/watch?v=bpSFeJuBcuA

PS: Of course, there’s no way the brilliant play on words on Léon Zitrone (the French TV presenter) can be duplicated or turned literal; hence my improvisation on Johnny Carson (the US TV host) for lack of knowledge of any equally famous presenter in the English-speaking world in the sixties reporting here on a national addiction comparable to horse-race betting.
And I had to turn marigolds into daisies (the pissenlits of the idiom) to make sense of soucis at some level.

Festival Ferré – 11

In English, French, Reading matters on 30/03/2011 at 4:40 pm

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There is an amazing public interpretation of the song translated below at youtube.com/watch?v=EV_NkQilxxI – amazing in that Ferré gets lost among the lyrics and takes his cues, or doesn’t, from the background band and choir, looking both puzzled and amused. The more orthodox, studio-recorded version is on youtube.com/watch?v=8JL1qpHj4hA. Quite a few of the turns of phrase here are puzzling, thus challenging. I’ve done my best, but for the life of me still can’t fathom what accumulateurs and their ciel maculé are doing here, except as facile alliterative pendants to the accumulation of green, which I’d rather call a hoarding anyway.

Je t’aimais bien – Léo Ferré – 1975

I was fond of you

Je te vois comme une algue bleue dans l’autobus
À la marée du soir gare Saint-Lazare
Mon Amour
Je te vois comme un cygne noir sur la chaussée
À la marée du soir gare Saint-Lazare
Quand ça descend vers le Tiers Monde
Mon Amour
Je te vois avec ta gueule électronique
Et des fils se joignant comme des mains perdues
Je te vois dans les bals d’avant la guerre
Avec du swing dans l’écarlate de la nuit
À peine un peu tirée sur l’ourlet de tes lèvres

I see you as a blue alga on the bus
in the evening tide of St-Lazare station
my love
I see you as a black swan on the pavement
in the evening tide at St-Lazare station
when it flows down Third World bent
my love
I see you with your electronic face
and wires meeting like lost hands
I see you in antebellum balls
that swung in the scarlet of the night
only slightly drawn at the rim of your lips

[Refrain]
Je t’aimais bien, tu sais
Je t’aimais bien, tu sais
Jusqu’au fond de l’amour
Au plus profond de toi
Mon Amour
Je t’aimais bien, tu sais
Je t’aimais bien, tu sais

[Chorus]
I was fond of you, you know
I was fond of you, you know
to the very depths of love
to the very depths of you
my love
I was fond of you, you know
I was of you, you know

Je te sais dans les bras d’un autre et je calcule
L’arrivée de ce flot, le cubage des brumes
Qui vont porter le deuil dans ton lit de fortune
Je t’aimais bien
Tu ordonnances la clarté de tes prunelles
À petits coups de rame en rimmel. Tu te tires
Vers les pays communs dans la nuit qui s’évade

I know you are in someone else’s arms and I’m working out
the arrival of that flood, the volume of the mists
which are going to bring mourning to your makeshift bed
I loved you a lot
You fine-tune the clarity of your pupils
with little paddling strokes of mascara. You’re off
to them common lands in the night that bolts

Je me maquillerai ce soir sous l’arche de tes hanches
Une cigarette aussi… Donne-m’en une
Une cigarette aussi
Tiens, ma goulée, la dernière
Mon Amour
Tu m’entres dans les poumons
Ça fait tout bleu dans mes éponges
Tu plonges tu plonges
Une cigarette aussi
Ta goulée verte c’est mon espoir qui s’allume
Comme les phares sur les côtes d’acier
Mon Amour
Ces marques de la vie qui portent des sanglots
Ces marques de l’amour qui portent les dents longues

I’ll put on makeup tonight under the arch of your hips
A cigarette as well … Give me one
A cigarette as well
There, my gulp, the last one
My love
You enter my lungs
It goes all blue in my sponges
You dive, you dive
As does a cigarette
Your green gulp, that’s my hope lighting up
like lighthouses along steel coasts
My love
Those marks of life that carry sobs along
Those marks of love made by dint of ambition

[Refrain] [Chorus]

Je n’ai plus de raccord pour te raccorder
La prise dans mes dents. Je suis mort cet automne
Sous tes cheveux rouquins passés au henné Sun
J’étais cuivré comme au fond de la rancœur des hommes
O ma Vierge inventée O ma Vierge inventée…
Je t’aimais bien, tu sais
Je t’aimais bien, tu sais
Je t’aimais bien, tu sais

I’ve run out of touch-up to link you up
to the socket in my teeth. I died this autumn
Under your Sun-hennaed auburn hair
I was coppered as if at the bottom of human rancour
O my invented virgin, O my invented virgin
I loved you a lot, you know
I loved you a lot, you know
I loved you a lot, you know

Je t’imagine dans les soirs de Paris
Dans le ciel maculé des accumulateurs
J’accumule du vert de peur d’en être infirme
Le vert de la prairie le long du quai aux Fleurs
Je l’ai mis de côté l’autre hiver pour t’abstraire
Ton figuré avec ses rides au point du jour ça me dégueule

I imagine you in Parisian evenings
in the maculated sky of accumulators
I hoard green lest I be undone for lack of them
The green of the meadow along Quai aux Fleurs
I put it aside last winter to abstract you
Your figurate presence with its wrinkles at start of day, that makes me puke

Je t’aimais bien, tu sais
Je t’aimais…

I was fond of you, you know
I used to love you

Festival Ferré – 10

In English, French, Reading matters on 29/03/2011 at 9:22 pm

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La poésie fout le camp, Villon ! – Léo Ferré – 1958

Poetry’s falling apart, Villon!

Tu te balances, compagnon
Comme une tringle dans le vent
Et le maroufle que l’on pend
Se fout pas mal de tes chansons
Tu peux toujours t’emmitoufler
Pour la saison chez Gallimard
Tu sais qu’avec ou sans guitare
On finit toujours sur les quais

You’re swinging, fellow of the craft
Like a rod in the wind
And the blighter being hanged
Doesn’t give a fart for your songs
You might just as well wrap yourself
For the season in Gallimard jackets
You know that with or without a guitar
One always ends up on the wharves

La poésie fout le camp, Villon!
Y’a que du néant sous du néon
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

Poetry’s falling apart, Villon!
Under neon light there’s nothing but oblivion
But your songs even in slang
Have centuries riding on their backs

Si je parle d’une ballade
À faire avec mon vieux hibou
On me demandera jusqu’où
Je pense aller en promenade
On ne sait pas dans mon quartier
Qu’une ballade en vers français
Ça se fait sur deux sous de papier
Et sans forcément promener

If I talk of a ballade
I’ll undertake with my old owl
I’ll be asked up to where
I think I’m going for a stroll
In my neck of the woods they know not
That a ballade in French verse
Is done on two cents of paper
Without necessarily going for a walk

La poésie fout le camp, Villon!
Y’a que des bêtas sous du béton
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

Poetry’s falling apart, Villon!
There are only silly billies under concrete
But your songs even in slang
Have centuries riding on their backs

En mil neuf cent cinquante et plus
De tes juges on a les petits
Ça tient de famille à ce que l’on dit
Ça se fout une robe et t’es pendu
Tu vois rien n’a tellement changé
À part le fait que tu n’es plus
Pour rimer les coups de pieds au cul
Que nous ne savons plus donner

In nineteen hundred fifty and then some
Of your judges we have the progeny
It runs in the family they say
They dawn a gown and you’re hanged
Nothing much has changed, you see
Besides the fact that you’re no longer
Here to rhyme the kicks up the arse
That we no longer know how to deliver

La poésie fout le camp, Villon!
Y’a que du néant sous du néon
Mais tes chansons même en argot
Ont quelques siècles sur le dos

Poetry’s falling apart, Villon!
There’s nothing but nothingness under neon
But your songs even in slang
Have centuries riding on their backs

Emmène-moi dedans ta nuit
Qu’est pas frangine avec la loi
« J’ordonne qu’après mon trépas
Ce qui est écrit soit écrit »
Y’a des corbeaux qui traînent ici
Peut-être qu’ils n’ont plus de pain
Et je n’attendrai pas demain
Pour qu’ils aient un peu de ma vie

Take me away into your night
Which has no truck with the law
‘I instruct that after my death
What is written be written’
There are crows lingering here
Maybe they have no more crumbs
And I won’t wait until tomorrow
For them to have bits of my life

La poésie fout le camp, François!
Emmène-moi, emmène-moi
Nous irons boire à Montfaucon
A la santé de la chanson.

Poetry’s falling apart, François!
Take me away, take me away
We’ll go to Montfaucon
And drink to the health of songs

No video available: Ferré sang the song on stage in 1961 but never recorded it.

Festival Ferré – 9

In English, French, Reading matters on 26/03/2011 at 7:59 pm

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L’oppression
– Léo Ferré – 1972

Oppression

Ces mains bonnes à tout même à tenir des armes
Dans ces rues que les hommes ont tracées pour ton bien
Ces rivages perdus vers lesquels tu t’acharnes
Où tu veux aborder
Et pour t’en empêcher
Les mains de l’oppression

Those all-purpose hands that can also hold weapons
In those streets men designed for your own good
Those lost shores towards which you strive
Where you want to land
And to prevent you from doing so
The hands of oppression

Regarde-la gémir sur la gueule des gens
Avec les yeux fardés d’horaires et de rêves
Regarde-là se taire aux gorges du printemps
Avec les mains trahies par la faim qui se lève

Look at it moaning on people’s faces
With eyes made up of schedules and of dreams
Look at it silent in the throats of springtime
With hands betrayed by hunger as it rises

Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour
Et que l’on dit braqués sur les chiffres et la haine
Ces choses « défendues » vers lesquelles tu te traînes
Et qui seront à toi
Lorsque tu fermeras
Les yeux de l’oppression

Those eyes that stare at you by night and by day
And are said to be trained on figures and on hatred
Those ‘forbidden’ things towards which you crawl
And which will be yours
Once you have shut
The eyes of oppression

Regarde-la pointer son sourire indécent
Sur la censure apprise et qui va à la messe
Regarde-la jouir dans ce jouet d’enfant
Et qui tue des fantômes en perdant ta jeunesse

Look at it targeting its indecent smile
On learned censorship and attending mass
Look at it climaxing in this child’s toy
And killing ghosts by losing your youth

Ces lois qui t’embarrassent au point de les nier
Dans les couloirs glacés de la nuit conseillère
Et l’Amour qui se lève à l’Université
Et qui t’envahira
Lorsque tu casseras
Les lois de l’oppression

Those laws that embarrass you to the point of denial
In the frozen corridors of sleep-on-it nights
And love which rises at university
And which will invade you
Once you have broken
The laws of oppression

Regarde-la flâner dans l’œil de tes copains
Sous le couvert joyeux de soleils fraternels
Regarde-la glisser peu à peu dans leurs mains
Qui formerons des poings
Dès qu’ils auront atteint
L’âge de l’oppression

Look at it strolling in the eyes of your chums
Under the merry guise of fraternal suns
Look at it slip little by little into their hands
That will turn into fists
Once they have reached
The age of oppression

Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour
Et que l’on dit braqués sur les chiffres et la haine
Ces choses « défendues » vers lesquelles tu te traînes
Et qui seront à toi
Lorsque tu fermeras
Les yeux de l’oppression

Those eyes that look at you night and day
And are said to be trained on figures and on hatred
Those ‘forbidden’ things towards which you crawl
And which will be yours
Once you have shut
The eyes of oppression

youtube.com/watch?v=mZNsMcoRWZM has the right choice of images to galvanise the text.

Festival Ferré – 8

In English, French, Reading matters on 25/03/2011 at 5:56 pm

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La solitude – Léo Ferré – 1972

Loneliness

Je suis d’un autre pays que le vôtre, d’un autre quartier, d’une autre solitude. Je m’invente aujourd’hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous. J’attends des mutants.
Biologiquement, je m’arrange avec l’idée que je me fais de la biologie : je pisse, j’éjacule, je pleure.
Il est de toute première instance que nous façonnions nos idées comme s’il s’agissait d’objets manufacturés. Je suis prêt à vous procurer les moules. Mais…
La solitude…
La solitude…

I’m from another country than yours, from another district, from another loneliness. I invent shortcuts for myself today. I’m no longer one of yours. I’m waiting for mutants. Biologically I make do with the idea I have of biology: I pee, I ejaculate, I cry.
The utter priority for us is to shape our ideas as if they were manufactured goods. I’m willing to provide you with the moulds. But
Loneliness
Loneliness

Les moules sont d’une texture nouvelle, je vous avertis. Ils ont été coulés demain matin.
Si vous n’avez pas, dès ce jour, le sentiment relatif de votre durée, il est inutile de vous transmettre, il est inutile de regarder devant vous car devant c’est derrière, la nuit c’est le jour. Et…
La solitude…
La solitude…
La solitude…

The moulds are of a new texture, I’m warning you. They were cast tomorrow morning.
If you don’t have as of today an inkling of your lifespan, it’s pointless for you to beget, it’s pointless to look ahead, as ahead is abaft, night is day. And
Loneliness (x3)

Il est de toute première instance que les laveries automatiques, au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d’arrêt ou de voie libre.
Les flics du détersif vous indiqueront la case où il vous sera loisible de laver ce que vous croyez être votre conscience et qui n’est qu’une dépendance de l’ordinateur neurophile qui vous sert de cerveau. Et pourtant…
La solitude…
La solitude!

It is of prime import that launderettes at street corners be as imperturbable as traffic stop-start signals
The cops of detergent will show you the slot where you might clean what you believe to be your conscience and which is but a dependence of the neurophile computer that you use for a brain. And yet
Loneliness
Loneliness

Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l’appellerons « bonheur », les mots que vous employez n’étant plus « les mots » mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience. Mais…
La solitude…
La solitude…
La solitude, la solitude, la solitude…
La solitude!

Despair is a superior form of criticism. For the time being we’ll call it ‘happiness’, the words you use being no longer ‘words’ but some kind of conduit through which the illiterate ease their conscience. But
Loneliness (x6)

Le Code Civil, nous en parlerons plus tard. Pour le moment, je voudrais codifier l’incodifiable. Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties. Je voudrais m’insérer dans le vide absolu et devenir le non-dit, le non-avenu, le non-vierge par manque de lucidité.
La lucidité se tient dans mon froc!
Dans mon froc!

The civil code, we’ll talk about that later. For now I’d like to codify the uncodifiable. I’d like to measure your bottomless democracies. I’d like to insert myself into absolute void and become what’s left unsaid, the null and void, the non-virgin for lack of lucidity
Lucidity holds the fort in my briefs
In my briefs

youtube.com/watch?v=UuHDceDUSyU. A more playful – or is it impish? – version is at youtube.com/watch?v=BR7E0fbl-As.

Festival Ferré – 7

In English, French, Reading matters on 23/03/2011 at 1:35 am

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An amazing one-old-man performance awaits you at youtube.com/watch?v=gLDZwakJV6A&feature=related: dazzling jubilation perhaps are the words for that ancient mug that blinks and frowns as it belts out words as bronco wild as ever, repeatedly sighs ‘requiem – requiem’ in between strophes, a frail, almost gawky, sidelined presence at times at the forefront of a distant, bloated ensemble as still and dull as a row of quills before a strike.

I’ve just discovered this song on YouTube and it’s the moving interpretation Master Ferré gives it that led me to lyrics I had overlooked at first.

Requiem – Léo Ferré – 1975

Requiem

Pour ce rythme inférieur dont t’informe la Mort
Pour ce chagrin du temps en six cent vingt-cinq lignes
Pour le bateau tranquille et qui se meurt de port
Pour ce mouchoir à qui tes larmes font des signes

For this lowly rhythm of which death informs you
For this sorrow of the times in six hundred and twenty-five lines
For the boat becalmed and pining for a harbour
For this handkerchief to which your tears beckon

Pour le cheval enfant qui n’ira pas bien loin
Pour le mouton gracieux le couteau dans le rouge
Pour l’oiseau descendu qui te tient par la main
Pour l’homme désarmé devant l’arme qui bouge

For the child horse that won’t go very far
For the gracious sheep with a knife in the red
For the shot-down bird that holds you by the hand
For the unarmed man before a moving weapon

Pour tes jeunes années à mourir chaque jour
Pour tes vieilles années à compter chaque année
Pour les feux de la nuit qui enflamment l’amour
Pour l’orgue de ta voix dans ta voix en allée

For your young years spent dying each day
For your old years spent counting each year
For the fires of night that set love ablaze
For the organ of your voice in your voice now lost

Pour la perforation qui fait l’ordinateur
Et pour l’ordinateur qui ordonne ton âme
Pour le percussionniste attentif à ton cœur
Pour son inattention au bout du cardiogramme

For the punching of holes that makes the computer
And for the great architect that puts your soul in order
For the percussionist attentive to your heart
For his lack of attention when the cardiogram ends

Pour l’enfant que tu portes au fond de l’autobus
Pour la nuit adultère où tu mets à la voile
Pour cet amant passeur qui ne passera plus
Pour la passion des araignées au fond des toiles

For the child you carry to the back of the bus
For the adulterous night when you make way under sail
For that fleeting lover who won’t fleet round again
For the passion of spiders in the depths of their webs

Pour l’aigle que tu couds sur le dos de ton jeans
Pour le loup qui se croit sur les yeux de quelqu’un
Pour le présent passé à l’imparfait du spleen
Pour le lièvre qui passe à la formule Un

For the eagle you stitch on the back of your jeans
For the wolf that thinks he is on someone’s eyes
For the present spent in the imperfect of spleen
For the hare that goes on to Formula One

Pour le chic d’une courbe où tu crois t’évader
Pour le chiffre évadé de la calculatrice
Pour le regard du chien qui veut te pardonner
Pour la Légion d’Honneur qui sort de ta matrice

For the chic of a curve by which you think you’re escaping
For the figure set free from a calculator
For the eyes of the dog that wants to forgive you
For the Legion of Honour that comes out of your matrix

Pour le salaire obscène qu’on ne peut pas montrer
Pour la haine montant du fond de l’habitude
Pour ce siècle imprudent aux trois quarts éventé
Pour ces milliards de cons qui font la solitude

For the obscene salary that can’t be shown around
For the hatred coming out of the dregs of habit
For this rash century three-quarters past its best
For those billions of jerks that make for loneliness

Pour tout ça le silence

For all of that, silence