marcel barang

Le jugement de Solomon K.

In English, French, Reading matters on 06/06/2012 at 8:45 pm

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Le 17 octobre 2011, je reçois par courriel de Chart Korbjitti un texte de 3 000 mots en Thaï sur Bangkok, sans la moindre explication, mais je sais qu’il s’agit d’un texte à paraître dans le numéro 3 (déc. 2011-fév. 2012) de la revue francophone Asies et que je suis pressenti pour le traduire.

Le rédacteur en chef de la revue, un certain Solomon K., me le confirme par téléphone le lendemain ; nous nous mettons d’accord sur le délai de traduction et son paiement.

Le 20 octobre, j’envoie le texte traduit, assorti de la facture, à Monsieur K.. Le lendemain, courriel dudit :

Bonjour M. Barang,
Bien reçu votre envoi. Merci infiniment. Je reviens vers vous dans les meilleurs délais si j’ai l’une ou l’autre question à vous poser tant sur le fonds que sur la forme. […] La parution est prévue dans le numéro daté de décembre 2011. Le règlement est réalisé par nos services le mois suivant la parution. […]
A très bientôt,
Solomon

Et puis rien – sinon, ici, les inondations de novembre et les réparations de décembre–janvier.

J’apprends par un tiers que le numéro est sorti début décembre, sur un tout autre sujet : ‘Tokyo, La cité des femmes’.

Le 16 janvier 2012, Chart me répercute le courriel suivant :

Dear Khun Chart,
I come back to you regarding the short story about Bangkok you send to us.
Your text should have been published in N°3 issue of our magazine (december 2011-february 2012).
Unfortunately, after we received the translation, we realized the story was missing the point and can not be published as is.
Our readers who doesn’t know Bangkok will not be able to understand what you’re implying and will conclude that this city is a place where there are lack of communications between people, traffic jams, and good restaurants open 24 hours a day. This is your own view of Bangkok and we deeply respect it as we deeply respect the style of every authors who publish in our magazine.
But those readers and the readers who knows the city will have also the feeling too that there is a lack of essence in the story you provided to us. Especially if we compared your story with other stories published before in Asies (please see below the text about Sri Lanka written by Roma Tearne).
I would like to know how your story could be improved in a way that story would give to the readers some clues to understand Thailand and thainess.
I am at your disposal to discuss about a new deadline for a publication in June 2012 issue.
Best regards…

Soit dit en passant, le texte-modèle de Roma Tearne sur Sri Lanka, c’est de la guimauve, comme je m’abstiens depuis toujours d’en traduire : Monsieur K. aurait dû s’adresser à Rose la Reine alias Tomayanti plutôt qu’à un homme à tripes, franc-écrire et sens de l’humour comme Chart Korbjitti.

Le 2 février, je me fends d’un courriel à ce cher Monsieur K. (mettez l’absence d’accents sur le compte des carences de Google Mail) :

Je crois comprendre que vous avez decide’ de ne pas publier dans le numero de decembre 2011 le texte de Chart Korbjitti que vous m’aviez demande’ de traduire – ce qui est regrettable mais tout a fait votre droit en tant que redacteur en chef.
Dans des cas pareils, il est d’usage de payer tant l’auteur que le traducteur a titre de compensation la moitie’ de la somme convenue […]. En depit de ce que vous ecriviez (ci-dessous), il n’y a pas eu de paiement a ce jour. Ni la moindre information de votre part, au demeurant.
Je vous saurais gre’ de faire en sorte que cette somme me soit versee dans les meilleurs delais, a l’adresse bancaire fournie precedemment. Merci d’avance.
Chart Korbjitti m’a fait tenir copie du message dans lequel vous lui proposez de reprendre sa copie sur de nouvelles bases pour le numero de juin. Je ne sais si Chart prendra la peine de vous repondre, mais autant vous dire que sa reaction est negative. Une moindre plume que la sienne saura sans doute accommoder votre conception du sujet impose’.
Bonne chance.
marcel

Réponse le lendemain 3 février :

Bonsoir M. Barang,
Après consultation avec la direction de la rédaction d’Asies à Paris et soumission auprès d’un panel restreint de lecteurs, j’ai pris le parti de ne pas publier dans le numéro de décembre 2011 le texte de M. Chart Korbjitti que vous je vous avais demandé de bien vouloir traduire.
Le texte de M. Korbjitti ne correspondait pas en l’état à nos attentes. A cette fin, j’ai adressé en janvier 2012 un courriel à M. Korbjitti dans lequel je lui demandais s’il accepterait d’amender son texte pour une publication dans un numéro ultérieur. Le numéro daté de juin 2012 a été évoqué. A ce jour, je n’ai reçu aucune réponse de sa part. De ce fait, le dossier est en suspens.
Comme spécifié dans le mail que je vous ai adressé le 21 octobre 2011, “le règlement est réalisé par nos services le mois suivant la parution.”
En l’absence de parution au mois de décembre 2011, le règlement (pour tout en cas de reprise de son texte par l’auteur ; ou partie selon les modalités que vous rappelez ci-bas et qui sont la règle en cas de refus de l’auteur de retravailler celui-ci) a donc été repoussé pour l’ensemble des contributeurs.
Je peux comprendre que pour les raisons qui sont les siennes, M. Korbjitti oppose une fin de non-reçevoir à ma requête. J’attends simplement que l’auteur me la formule dans un email afin que je puisse verser cette pièce au dossier et donc ordonner le règlement selon l’une ou l’autre des modalités spécifiées ci-haut.
Bien à vous,
Solomon

Le 5 février, Chart répond à Solomon K. :

Thank you too much for your offering which you have given to me, but I cannot do this work again because I do not have time to do it. Best regards.

Quatre mois plus tard, ni réponse, ni paiement. Je viens d’appeler Chart : ni réponse, ni paiement.

Tirez-en, mes chers lecteurs, les conclusions qui s’imposent.

Vu que le texte de Chart Korbjitti n’a pas vu le jour, je vous en donnerai la primeur prochainement : vous pourrez ainsi juger. Je vais aussi le traduire en anglais et le publier dans mon blog bilingue, avec sa permission.

  1. Pour ce qui est de servir de la guimauve aux lecteurs/auditeurs/téléspectateurs occidentaux, disons qu’on peut aisément affirmer qu’Asies ne tient pas de l’exception mais plutôt de la règle, non?

  2. OK with me for sure.
    GB

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