marcel barang

Note de lecture

In English, French, Reading matters on 08/10/2010 at 10:12 pm

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I have a good mind to translate this novella by Wiwat Lertwiwatwongsa and pair it up with his (long) short story ‘A tale without a name’ which I translated last week. Into French or into English, that, my dear What’s on, is the question.

Titre : Hôtel Alphaville (« dédié à Anna Karina et Jean-Luc Goddard »)

Auteur : Wiwat Lertwiwatwongsa [jeune écrivain, critique de cinéma coté]

Longue nouvelle ou court roman d’environ 20 000 mots, en trois parties et treize chapitres.

1ere partie

1 a – Le narrateur, un écrivain impécunieux, débarque à minuit à l’hôtel Alphaville, un vieil hôtel de Lop Buri [la « ville des singes », située à une centaine de km au nord de Bangkok] tenu par un certain Monsieur Godard, dont on apprendra bientôt qu’il n’a rien à voir avec Jean-Luc Godard (cinéaste favori du narrateur) puisqu’il est né et a vécu toute sa vie en Thaïlande.
Il est accueilli d’emblée par Ann, la fille de M. Godard. Il va passer une semaine à l’hôtel, à l’invitation de M. Godard, pour observer ce qui se passe dans l’hôtel et écrire à partir de cela le scénario du film que M. Godard veut tourner.

1 b – Le narrateur, un écrivain impécunieux, débarque à midi à l’hôtel Alphaville. Version complémentaire et différente.

2 – Il se réveille à 8:30. Une jeune femme se présente, Mari, apparemment japonaise. Elle ressemble à Ann. « Je peux m’appeler Ann, si vous voulez. » Ils font l’amour. Dans la soirée, Ann vient le voir. Est-ce la même femme ou une autre ?

3 – « Cet endroit a tout, sauf le temps. » Rencontre avec M. Godard, qui explique ce qu’il veut, mais le lecteur reste sur sa faim. M. Godard propose au narrateur de sortir visiter Lop Buri. Le narrateur n’y tient pas : il veut faire son boulot, dans l’hôtel. Au cours de la conversation, M. Godard parle de Mâlî, laisse entendre qu’il couche avec elle. Le narrateur croit comprendre que Mâlî et Mari ne font qu’une.

4 – Le narrateur se rend au « Bar Jazz », un bar miteux qui n’a de jazz que le nom, mais une femme pulpeuse y chante, Nina Simone en personne. Un homme s’adresse au narrateur : c’est un ancien baroudeur ; il lui manque une oreille, perdue au Cambodge. C’est un des locataires au mois. Il se raconte.

2eme partie

5 – L’histoire de Wanna : c’est elle Nina Simone, une femme qui a perdu sa jeunesse à soigner sa mère cancéreuse et être son souffre-douleur. Elle a dérivé ensuite, chanteuse à ses heures, et longtemps travelo dans un numéro de stand-up comic avant d’être récupérée par M. Godard, qui trouve que sa voix ressemble à celle de Nina S et la fait se produire ainsi.

6 – L’histoire de l’oreille « perdue » de l’ex-mercenaire, qui la retrouve devant sa porte, macérée dans de l’alcool, mais qui, en fait, s’aperçoit qu’il ne l’a jamais perdue. Il monte au dernier étage et dans la chambre 406 découvre dans une marre de sang les cadavres d’un homme et d’une femme manifestement tués alors qu’ils étaient en train de faire l’amour.

7 – L’âme de la femme assassinée rêve, tandis que ses parents désapprobateurs la veillent. Quant à l’homme, c’est un réfugié birman, illégal bien entendu, qui a fait tous les sales petits boulots que les Thaïs refusent – en bref, un aperçu de la condition des réfugiés birmans en Thaïlande.

8 – Retour à Mâlî, femme de bientôt quarante ans, qui est aussi Mari, son double beaucoup plus jeune. Mâlî est femme de l’ombre, donc aime les salles de cinéma ; c’est après avoir vu une certaine séquence sur une prostituée qui pleure et qui la fait pleurer qu’elle devient prostituée. Mari aime le sexe, Mâlî le subit, fait l’amour dans le noir, où elle devient elle-même enfin. Quand l’homme dit « Tu es Ann », elle répond « Je peux m’appeler Ann, si vous voulez. »

3eme partie

9 – Dans sa chambre, le narrateur-écrivain dialogue avec lui-même (semble-t-il). Ann vient le voir, dit que M. Godard n’est pas son père mais seulement son géniteur, qu’elle veut s’enfuir de l’hôtel et que seul le narrateur peut faire que ça arrive, car après tout elle n’est qu’un personnage inventé par lui. Il dit ne rien comprendre à ce qu’elle raconte.

10 – Il est convoqué par M. Godard, qui se plaint que ce qu’il a écrit jusqu’ici sur « la main d’œuvre birmane, les travestis qui changent de sexe ou les baroudeurs » n’est que des vues de l’esprit pour éviter d’avoir à parler de M. Godard lui-même, qui est l’initiateur et peut-être le créateur de toute cette histoire. En somme, il y a une rébellion des personnages contre le narrateur-auteur.

11 – Lequel se retrouve devant sa page blanche ou plutôt l’écran blanc du Notebook qu’on a mis à sa disposition pour écrire cette histoire. En fait, il se rend compte qu’il a mis en présence deux auteurs, M. Godard et « je » « (qui n’est pas moi – parfois l’écriture fait problème) », et divers autres personnages. Mais il y a aussi « vous », le lecteur de ces lignes. Si bien qu’il y a trois mondes : le monde du créateur qui raconte des salades, le monde de l’hôtel Alphaville, et le monde (réel, lui) du lecteur. Mais pour en revenir aux personnages, comment se dépêtrer de cette histoire qui manifestement n’a ni queue ni tête et donc n’aura pas de fin ? M. Godard, écrivain concurrent, a un trait de génie : Vous et moi, dit-il au narrateur, nous sommes père et fils. Spirituellement, s’entend. S’ensuit une discussion à couteaux tirés (littéralement) pour savoir qui contrôle qui et qui aura le mot de la fin.

12 – Les trois femmes, qui n’en font peut-être qu’une, se révoltent et décident de tout brûler, par le biais d’un virus, burn.exe, qui va détruire le fichier de l’histoire tandis que le feu ravage l’hôtel Alphaville. Le narrateur-auteur essaie de sauver ce qui peut l’être. « L’ordinateur prend feu. »

13 – Le jeune écrivain débarque après midi à l’hôtel Alphaville ou peut-être est-ce après minuit, car tout est sombre pour ne pas dire noir. Une fois monté dans sa chambre, il a l’impression d’être surveillé, alors il ouvre la porte de la salle de bains, ouvre la penderie, regarde sous le lit… où il trouve un Notebook qui a manifestement été roussi par le feu. Mais il fonctionne. Il contient un seul fichier, que l’écrivain s’empresse de copier sur sa clé USB – « un jour ou l’autre, il corrigera l’histoire ou il en écrira une autre inspirée de celle-ci ».

+++

Ce résumé très sommaire ne rend pas compte de l’écriture à plusieurs dimensions, par des glissements de pronoms personnels, d’un personnage à l’autre, qui introduit des équivoques nourrissant de mystère le récit, comme dans la nouvelle « A tale without a name » (Un conte anonyme). Au total, un univers onirique qui tourne autour de la mystification de l’écriture, où auteur, personnages et lecteur sont complices dans le faux-vrai.

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