marcel barang

Tripping the light fantastic

In English, French on 07/07/2010 at 5:32 pm

 .

J’avais vingt-deux ans et tentais d’être anglais. Sur Radio Caroline un tube faisait guincher l’été, musique entêtante et paroles speedées, en démarquage hippie de Milton (1), Chaucer (2) et Lewis Carroll (3). Il a même pris un temps pour moi les traits d’une Judith galloise éthérée. Ce ton plus clair de pâle m’a suivi et je l’ai cultivé dans les coins sombres de ma vie, puis oublié. Et voici que l’autre jour, sur fond de film à la télé, il est revenu me griser de sensations d’antan. Vous le trouverez en version jeune sur youtube.com/watch?v=PbWULu5_nXI et sous la poudreuse des ans sur youtube.com/watch?v=Mb3iPP-tHdA&feature=related.

A lighter shade of pale – Procol Harum – 1967

Un ton plus clair de pâle

We skipped the light fandango (1)
turned cartwheels ’cross the floor
I was feeling kinda seasick
but the crowd called out for more
The room was humming harder
as the ceiling flew away
When we called out for another drink
the waiter brought a tray

On a sautillé un fandango de lumière*
Fait la roue à travers la piste
J’avais plutôt mal au cœur
Mais la foule en redemandait
La salle bourdonnait plus fort
Alors que le plafond s’envolait
Quand on a commandé un autre verre
Le serveur a apporté un plateau
* Alt. : On a fait l’impasse du fandango léger

And so it was that later
as the miller told his tale (2)*
that her face, at first just ghostly,
turned a whiter shade of pale
* A later, cleverer version: ‘as the mirror told its tale’

Et c’est ainsi que plus tard
tandis que le meunier racontait son histoire
son visage, d’abord seulement spectral
a pris un ton plus clair de pâle

She said, ‘There is no reason
and the truth is plain to see.’
But I wandered through my playing cards (3)
and would not let her be
one of sixteen vestal virgins
who were leaving for the coast
and although my eyes were open
they might just as well have been closed

Elle a dit, Il n’y a pas de raison
Et la vérité saute aux yeux
Mais j’ai erré parmi mes cartes à jouer
Et n’ai pas voulu qu’elle soit
Une des seize vierges vestales
En partance pour la côte
Et mes yeux, quoique ouverts
Auraient aussi bien pu être fermés

And so it was…

Et c’est ainsi…

La légende veut qu’en concert il s’y ajoute les paroles suivantes :

She said, ‘I’m home on shore leave,’
though in truth we were at sea
so I took her by the looking-glass
and forced her to agree
saying, ‘You must be the mermaid
who took Neptune for a ride.’
But she smiled at me so sadly
that my anger straightway died

Elle a dit Je suis chez moi en perm’ à terre
Bien qu’en réalité nous étions en mer
Alors je l’ai mise devant le miroir*
Et l’ai forcée à être d’accord
En lui disant, Tu dois être la sirène
Qui a emmené Neptune faire un tour
Mais elle m’a souri si tristement
Que ma colère est tout de suite retombée
* Alt. : Alors je l’ai prise près du miroir

If music be the food of love*
then laughter is its queen
and likewise if behind is in front
then dirt in truth is clean
My mouth by then like cardboard
seemed to slip straight through my head
So we crash-dived straightway quickly
and attacked the ocean bed
* Shakespeare, Twelfth Night; later version: ‘If music be the food of life’

Si la musique est l’aliment de l’amour
Alors le rire en est le roi
Et si, de même, le derrière est devant
alors en vérité la crasse est propre
Ma bouche désormais pâteuse
semblait s’échapper de ma tête
Alors on a dare-dare plongé en piqué
et attaqué le fond de l’océan

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: