marcel barang

Whack!

In French, Reading matters on 26/11/2009 at 1:23 am

 

Since I am inordinately busy with urgent translations and by the end of the day lack the stamina to pen some new entry to this blog, here is one more text I found ready-made on that childhood of mine the reporting of which some friends were kind enough to say they were sorry had ended. It seems I wrote it in early 2002.

Pépé – le père de mon père – m’a élevé jusqu’à l’âge de 7-8 ans, quand sa compagne, notre Tatafonsine (Tante Alphonsine), est morte et mon petit frère et moi sommes allés vivre pour notre douleur chez son fils, à Toulouse.

Je n’ai pas souvenir que Pépé ait jamais levé la main sur moi, sur nous, sauf une fois.

J’avais cinq ans sans doute et j’allais à l’école maternelle du village. Sur le chemin de l’école, avant l’église et la mairie qui se boudaient sur la grand-place, il y avait une épicerie, et dans la vitrine de l’épicerie il y avait un tambour, et moi il me faisait envie ce tambour. Et les bonbons dans les bocaux aussi.

Dans le tiroir de la commode de la cuisine où Pépé et Tatafonsine rangeaient de menus riens, il y avait des bouts de ficelle, un tire-bouchon, des reçus.

Un jour, j’y ai trouvé un billet de cinq cents francs tout neuf.

Un matin en partant à l’école, j’ai pris le billet et je suis allé acheter le tambour dont j’avais envie et, pour faire bonne mesure puisque le fabuleux billet le permettait, plusieurs paquets de bonbons.

J’ai enfoui le tout dans mon pupitre et, tandis que l’institutrice discourait, je me suis mis bien sûr à distribuer aux copains les bonbons, qui étaient enrobés de papillotes tortillées aux deux bouts. Il n’a pas fallu longtemps pour que, dans un craquètement de bonbons dépiautés, l’institutrice en vienne de proche en proche à remonter à la source de la manne.

Par quelle oreille je me suis trouvé traîné à la maison, je ne me souviens plus. Toujours est-il que je me suis retrouvé dans la cuisine devant Pépé.

Il n’a rien dit mais m’a allongé une gifle qui m’a soulevé du sol et fait heurter de la tête la commode d’où sortait le billet.

Je n’ai jamais autant aimé mon grand-père que depuis ce jour-là.

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