marcel barang

Un de mes hommes de plume

In French on 09/09/2009 at 12:15 am

 

Ça tombe bien : les puissances invitantes au colloque d’Aix ont besoin d’un profil biographique d’un de leurs invités d’honneur, l’éminent romancier thaïlandais Chart Korbjitti – et moi qui me demandais ce que je pourrais bien poster en français pour changer. Alors, voici, c’est tout frais pondu, avec en accompagnement les grenouilles qui s’ébaubissent en verlan sous la pluie dans le noir ambiant.

Né en 1954 à chartkorbjittiSamut Sakhon, alors communauté rurale au sud-ouest de Bangkok, le deuxième de neuf enfants d’une famille de petits commerçants, Chart Korbjitti a été à l’école des bonzes avant de suivre pendant cinq ans les cours d’un collège d’arts et métiers à Bangkok tout en subsistant de petits boulots. À vingt ans, il se lance dans la création de sacs en cuir et de meubles pour mieux s’entraîner à l’art d’écrire simple et percutant. Sa première nouvelle, publiée en 1979, lui vaut un prix national. Deux ans plus tard, après deux courts romans noirs de la misère du petit peuple, son premier chef d’œuvre, La Chute de Fak (Le Seuil, 2003), fait date dans l’histoire littéraire par sa puissante défense de l’individu victime de la société hypocrite et boulimique dont il ne cessera de raconter les turpitudes en innovant formellement d’un ouvrage à l’autre [avec des bonheurs divers, mais ça faut pas le dire]. Ce roman lui vaut un premier SEA Write Award (le Goncourt thaïlandais) en 1981. Douze ans plus tard, il en obtiendra un second avec Sonne l’heure (Le Seuil, 2002), « nouveau roman » multimédia qui désarçonne un temps la critique. Entretemps, il a aussi fait la chronique irrévérencieuse des marginaux des années du « flower power » qu’il a vécues dans Chiens fous & Co (à paraître chez Asphalte Éditions en 2010). Parallèlement, il n’a cessé d’écrire des nouvelles incisives qui le classent parmi les grands orfèvres du genre. Vivant avec sa femme, Soï, à Pak Chong, à 170 km au nord-est de Bangkok, loin des coteries littéraires, il a néanmoins une influence séminale considérable sur les jeunes générations d’écrivains par le biais des stages d’écriture qu’il anime. Il s’autoédite avec succès sous le label Howling Books, tant en thaï qu’en anglais (thaifiction.com), et son œuvre est traduite en une demi-douzaine de langues, dont le japonais, le chinois et le coréen.

Ce que je ne dirai pas, c’est que ce corniaud, depuis qu’il a été bombardé (à son insu ?) « Artiste national » – Sinlapine Heng Chart, justement ! – (chichement pensionné par l’État, mazette !), n’en fout plus une rame et… plante du riz, selon ce qu’il me disait tantôt, au lieu d’écrire son prochain chef-d’œuvre, qui stagne depuis deux-trois ans du côté de la page 24…

  1. Insomnies: ah!

    My mailbox remains silent, so I must use this channel to wake you up. Glad to see Chart’s picture.
    Looking forward to etc…

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