marcel barang

Surmenage

In French on 07/07/2009 at 3:30 am

 

Ce mois s’annonce dense. Non seulement il y a mon site web en instance et la traduction de Sî Pindine (vers l’anglais) pour prendre patience, mais il faut aussi suivre le Tour sur la toile en écoutant FIP en sourdine et puis, la nuit venue, lire à la vitesse du doigt les huit volumes de la présélection toute fraîche du SEA Write Award de l’année, qui sera attribué fin août. Non, je n’y suis pas juré, mais, tout heureux que d’autres aient défriché pour moi la production romanesque de ces trois dernières années (quelque 80 bouquins), je me suis juré de faire mon choix parmi ce nec plus ultra. Des fois que j’y trouverais une perle à poncer.

Huit volumes, sept titres (un livre a deux volumes bien tassés), cinq encore à lire : deux auteurs m’ont envoyé leur prose ces derniers mois, l’un – Uthis Haemamool [outit hèmamoune] – sous forme de produit fini ; l’autre – Wimon Sainimnuan – sous forme de tapuscrit à débattre.

Le roman d’Uthis, Lap Lae – Kaeng Khoi (le nom de deux personnages qui n’en font qu’un), se lit facile, a des bonheurs d’écriture et surtout une intrigue brillante, centrée sur le dédoublement de la personnalité, mais souffre de longueurs et de dialogues à ras de rizière, par trop prévisibles. J’ai écrit à Uthis, dont j’avais détesté les deux premiers romans, qu’il méritait cette fois d’être présélectionné pour le SEA Write et que j’aurais songé à le traduire si son roman était élagué d’un bon tiers.

Quant au roman de Wimon, Winian Tî Touk Nératét (Les âmes bannies), c’est une méchante limonade dénonçant bille en tête les méfaits de la mondialisation dans les cocoteraies, les usines et le poil à gratter : un pamphlet politique que ses puissants instincts de romancier auraient dû lui donner honte d’écrire. S’en suivit une longue conversation au téléphone pour l’amener à revoir sa copie. Lui-même convenait que je n’étais pas le seul à émettre de telles critiques. C’était à la mi-mars. Son roman étant sorti en mars, je me suis dispensé de l’acheter.

Sur les cinq livres à lire, n’ayant démarché que quatre librairies de part et d’autre du fleuve, je n’en ai trouvé que trois. Si quelqu’un sait où trouver Lok Baï Maï Kong Pong (Le monde nouveau de Pong) de Chaïya Wanasî et Talé Namnom (La mer de lait) de Tchatchawane Kôtsongkrâm, je suis preneur.

J’ai commencé à lire le plus court des trois, Pratét Tai (jeu de mots intraduisible qui combine Thaïlande et pays du Sud) de Chakrit Pôchareuang. J’en parlerai tantôt.

Mais revenons à mes mourons : mon site web en instance. Cela dure depuis – depuis février. Depuis février je ronge mon frein en attente des matrices de pages qui feront de thaifiction.com un faramineux centre de commerce (très beau, pas cher) pour tout ce que j’ai traduit depuis quinze ans, c’est-à-dire l’essentiel de la fiction thaïlandaise moderne montrable. L’adorable jeune homme qui codifie ces matrices travaille en moyenne trois jours par semaine, et encore : quand je perds mon temps à m’asseoir près de lui à surveiller sa tambouille de codes pour moi imbitables ou l’assaille de coups de fil intempestifs. Au rythme actuel, j’aurai beaucoup de chance si le site advient avant que je ne trépasse.

D’où Sî Pendine et ses onze cent pages, le pénultième des « vingt meilleurs romans de Thaïlande » selon marcel barang. (Pénultième et en fait dernier : je ne retraduirai pas Taling Soung Soung Nak de Nikom Rayawa, parce que Richard Laird a fait ça très bien sous le titre High Banks, Heavy Logs, Penguin Books Australia.) Une semaine encore ou deux et j’aurai peaufiné le premier Règne, c’est-à-dire la moitié de la somme. L’autre reste à défricher. Trois mois de plus j’imagine. Entretemps, Khun Na en Australie aura comparé ligne à ligne ma traduc à l’original pour me couvrir de honte à l’étendue de mes errements, et GeeBee en Alsace aura corrigé mon franglais. Et puis rebelote pour l’autre moitié.

Entretemps, dehors, l’économie agonise, le chômage croît (on se croirait en France) et le gouvernement met les gens en congé et les presse de déguerpir en province pour renflouer le tourisme et donc l’économie. Et comme la grippe porcine est à la mode ce mois-ci, le même gouvernement presse les gens de rester chez eux. Go figure. Cavendish a encore gagné l’étape et Lance Armstrong fait de l’ombre à Contador. Comme disait mon tonton, qui n’en était pas : la pédale, y a que ça de vrai !

  1. Bonjour, je me permets de vous contacter sur votre blog concernant Mad Dogs and co, de Chart Korbjitti. Je vous ai adressé un mail il y a quelques jours mais l’adresse n’était peut-être plus valide. Pourriez-vous me contacter à contact@asphalte-editions.com? Merci par avance, cordialement, Estelle Durand – éditrice, Asphalte Editions.

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