marcel barang

Archive for the ‘French’ Category

J’avais besoin de ça

In French on 02/11/2014 at 4:23 am

J’ai, de nuit, tout à l’heure écouté On n’est pas couchés (excuse me but I can’t deliberately rape my mother tongue’s grammar and feel good) un samedi plus tard dans le vrai d’hier émise sur YouTube. Ce fut un festival de grandes dames comme j’en ai rarement vues ensemble, l’Audrey Pulvar surtout, derrière ses mèches riches et ses dents parfaites, word perfect too en dépit des cernes de lunettes affligeant ses yeux, la Léa Salamé (adorable museau chevalin aux dents parfaites qui vieillira laide) et cette primesautière ministre de l’éducation aux dents affûtées parfaites qui sort de Hollande sait où, ah oui, Najat Vallaud-Belcacem, au nom qui sent couscous et merguez et qu’avait l’air vraie dans ses convictions. Toutes femmes que j’aurais voulu baiser aux joues, dessus dessous, et plus si affinités. Cette émission, ignoblement rabotée sur TV5 pour étrangers à une heure et demie et exilée à une heure du mat’ quand tout le monde en ce Bangkok dort, dure en fait plus de trois heures, c’est dire, plus qu’aucune autre jamais n’a mérité et survécu. Bon, j’ai laissé tomber les saltimbanques de la troisième heure, le chanteur à mise en plis du jour, les actrices en devanture et le psychiatre de sévices, mais pris mon pied tout cependant.

L’hôte, comment déjà, Ruquier Laurent, fut grand cru ce soir-là, du moins dans sa présentation assassine du
Flop Ten, si spirituel décapant qu’il me donna envie d’être – comment dit-on déjà ? – gai, I mean gay, séance tenante. Ensuite, il s’est surtout contenté de compter les points des débats avec des yeux de saurien et des rides de vieux beau.

Bref, pour un instant, moi qui depuis toujours me connais farang, à la rigueur européen, pour une fois me suis senti intrinsèquement français. C’est grave, docteur ?

 

‘Nevermind’ – Leonard Cohen

In English, French, Reading matters on 22/09/2014 at 9:05 pm

Hier c’était le quatre-vingtième anniversaire de Leonard Cohen ; demain sortira son dernier CD, « Popular Problems ». Voici une des chansons qui y figurent, intitulée ‘Nevermind’, ce qui veut dire ‘Peu importe’, je crois.

Never mind

The war was lost
The treaty signed
I was not caught
Across the line
I was not caught
Though many tried
I live among you
Well disguised

I had to leave
My life behind
I dug some graves
You’ll never find
The story’s told
With facts and lies
I have a name
But never mind

Never mind
Never mind
The war was lost
The treaty signed
There’s truth that lives
And truth that dies
I don’t know which
So never mind

[Singing in Arabic]

Your victory
Was so complete
Some among you
Thought to keep
A record of
Our little lives
The clothes we wore
Our spoons our knives

The games of luck
Our soldiers played
The stones we cut
The songs we made
Our law of peace
Which understands
A husband leads
A wife commands

And all of this
Expressions of the
Sweet indifference
Some called love
The high indifference
Some call fate
But we had names
More intimate

Names so deep
And names so true
They’re blood to me
They’re dust to you
There is no need
That this survives
There’s truth that lives
And truth that dies

Never mind
Never mind
I leave the life
I left behind
There’s truth that lives
And truth that dies
I don’t know which
So never mind

[Singing in Arabic]

I could not kill
The way you kill
I could not hate
I tried, I failed
You turned me in
At least you tried
You side with them
Whom you despise

This was your heart
This swarm of flies
This was once your mouth
This bowl of lies
You serve them well
I’m not surprised
You’re of their kin
You’re of their kind

Never mind
Never mind
I had to leave my
Life behind
The story’s told
With facts and lies
You own the world
So never mind

Never mind
Never mind
I live the life
I left behind
I live it full
I live it wide
Through layers of time
You can’t divide

My woman’s here
My children too
Their graves are safe
From ghosts like you
In places deep
With roots entwined
I live the life
I left behind

[First strophe repeated,
with Arabic singing in between]

The war was lost
The treaty signed
I was not caught
Across the line
I was not caught
Though many tried
I live among you
Well disguised

‘Nevermind’

In English, French, Reading matters on 22/09/2014 at 9:05 pm

Yesterday was Leonard Cohen’s 80th birthday; tomorrow, his latest CD, ‘Popular Problems’, will come out. Here is one of the songs in it, entitled ‘Nevermind’ and meaning ‘never mind’ I guess.

Ça ne fait rien

Guerre perdue
Traité signé
J’ai réussi
À passer la ligne
Pas vu pas pris
Tant d’autres ont essayé
Je vis parmi vous
Bien déguisé

J’ai dû laisser
Ma vie derrière moi
J’ai creusé des fosses
Que vous trouverez jamais
Histoire racontée
Avec faits et mensonges
J’ai bien un nom
Mais ça n’fait rien

Ça ne fait rien
Ça ne fait rien
Guerre perdue
Traité signé
Des vérités vivent
Et d’autres meurent
Je sais pas lesquelles
Alors ça n’fait rien

[chant en arabe]

Votre victoire
Fut si complète
Certains parmi vous
Ont pensé faire
L’inventaire
De nos petites vies
De nos frusques
Cuillères et couteaux

Des jeux de chance
De nos soldats
Des pierres qu’on taillait
Des chansons qu’on faisait
Notre loi de la paix
Qui comprend
Que le mari est devant
Et la femme commande

Et tout ceci
Comme autant d’expressions
D’une douce indifférence
Certains l’appelaient l’amour
La haute indifférence
Que certains appellent le sort
Mais on avait des noms
Plus intimes

Si intimes
Et si vrais
Qu’ils me sont sang
Qu’ils vous sont poussière
Point n’est besoin
Que ceci survive
Des vérités vivent
Et d’autres meurent

Ça ne fait rien
Ça ne fait rien
Je quitte la vie
Que j’ai larguée
Des vérités vivent
Et d’autres meurent

Je sais pas lesquelles
Alors ça n’fait rien

[chant en arabe]

Je pourrais pas tuer
Comme tu tues
Je pourrais pas haïr
J’ai essayé, pas pu
Tu m’as dénoncé
Du moins tu as essayé
Tu prends le parti
De gens que tu méprises

C’était ton cœur
Cet essaim de mouches
Ce fut jadis ta bouche
Ce bol de mensonges
Tu les sers bien
Ça ne m’étonne pas
Tu es des leurs
Tu leur ressemble

Ça ne fait rien
Ça ne fait rien
J’ai dû laisser ma vie
Derrière moi
Histoire racontée
Avec faits et mensonges
Tu possèdes le monde
Alors ça n’fait rien

Ça ne fait rien
Ça ne fait rien
je vis la vie
Que j’ai quittée
La vis à plein
Dans les grandes largeurs
A travers des couches de temps
Que tu ne peux traverser séparer

Ma femme est ici
Mes enfants aussi
Leurs tombes ne risquent rien
De goules comme toi
Dans des lieux profonds
Aux racines enchevêtrées
Je vis la vie
Que j’ai quittée

[Première strophe répétée,
avec chant en arabe intercalé]

Guerre perdue
Traité signé
J’ai réussi
À passer la ligne
Pas vu pas pris
Tant d’autres ont essayé
Je vis parmi vous
Bien déguisé

Le nouveau Saneh est tiré

In French, Reading matters on 05/04/2014 at 1:03 pm

seule saneh seuil

2013 in review

In English, French, Reading matters on 31/12/2013 at 10:53 am

The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2013 annual report for this blog.

Here’s an excerpt:

The concert hall at the Sydney Opera House holds 2,700 people. This blog was viewed about 11,000 times in 2013. If it were a concert at Sydney Opera House, it would take about 4 sold-out performances for that many people to see it.

Click here to see the complete report.

That other baker’s dozen

In English, French, Reading matters on 11/12/2013 at 6:37 pm

13ss coverFinal13ss2013

Now available at thaifiction.com et à immatériel.fr.

 

Walk on the Wild Side

In English, French, Reading matters on 29/10/2013 at 1:21 pm

En voilà bien une tournure (américaine) qui souffre trente-six traductions, toutes approximatives ! Je n’en ai gardé que trois.

Walk on the wild side

« Sors des sentiers battus »

Holly came from Miami, F.L.A.
Hitch-hiked her way across the U.S.A.
Plucked her eyebrows on the way
Shaved her legs and then he was a she
She says, “Hey babe, take a walk on the wild side”
He said, “Hey babe, take a walk on the wild side”

Holly venait de Miami en Floride
Ayant traversé les États-Unis en stop
S’est épilé les sourcils en chemin
S’est rasé les jambes et voilà comment « elle » il devint
Elle dit, « Hé, mec, sors des sentiers battus »
Et lui, « Hé, mon chou, goûte au fruit défendu »

Candy came from out on the island
In the backroom she was everybody’s darlin’
But she never lost her head
Even when she was giving head
She says, “Hey babe, take a walk on the wild side”
He said, “Hey babe, take a walk on the wild side”

Candy est venue à New York de quelque part ailleurs
Dans les coulisses tout le monde n’en avait que pour elle
Mais elle n’a jamais perdu la tête
Même quand elle taillait des pipes
Elle dit, « Hé, mec, sors des sentiers battus »
Et lui, « Hé, mon chou, goûte au fruit défendu »

And the colored girls go
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

Et les filles black qui font
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

Little Joe never once gave it away
Everybody had to pay and pay
A hustle here and a hustle there
New York City’s the place where they said
“Hey babe, take a walk on the wild side”
I said, “Hey Joe, take a walk on the wild side”

Le p’tit Joe n’a jamais fait de cadeau
Tout le monde devait toujours raquer
Une passe par ci et une passe par là 
New York City c’est l’endroit où on dit
« Hé, mec, sors des sentiers battus »
J’ai dit, « Hé, Joe, goûte au fruit défendu »

Sugar Plum Fairy came and hit the streets
Lookin’ for soul food and a place to eat
Went to the Apollo, you should’ve seen ‘em go go go
They said, “Hey Sugar, take a walk on the wild side”
I said, “Hey babe, take a walk on the wild side”
Alright, huh

Sugar Plum le Pédé est venu et a fait le tapin
En quête de bouffe du Sud, d’un endroit où croûter
L’est allé à l’Apollo*. T’aurais dû les voir s’activer
Ils disaient, « Hé, Sugar, goûte au fruit défendu »
J’ai dit, « Hé, mec, sors des sentiers battus »
D’accord, quoi

* L’Apollo Theater, un music-hall new-yorkais dans le quartier de Harlem.

Jackie is just speeding away
Thought she was James Dean for a day
Then I guess she had to crash
Valium would have helped that bash
She said, “Hey babe, take a walk on the wild side”
I said, “Hey honey, take a walk on the wild side”

Jackie carbure juste aux amphés
Se prenant pour James Dean le temps d’une journée
Puis j’imagine qu’elle a dû se pieuter
Le valium l’aura aidée à s’éclater
Elle disait, « Hé, mec, opte pour le côté obscur »
J’ai dit, « Hé, chérie, sors des sentiers battus »

And the colored girls say
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

Et les filles de couleur qui disent
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

A walk on the Thai side

In English, French on 28/10/2013 at 5:53 pm

C’était en 72, chez mon ami Patrick. Il avait changé de femme. Il rentrait des États-Unis avec le dernier tube de l’underground là-bas, dont il n’était pas peu fier : Take a walk on the wild side. C’est ainsi que je découvris Lou Reed, notre aîné d’à peine trois ans, qui s’est éteint hier matin.

Quelques années et quelques femmes plus tard, j’ai suivi son conseil. I took a walk on the Thai side. Same difference.

I’ve just listened again to a public version of that same song (http://youtu.be/cAfP5BMKgjc) and dusty memories are flooding back. For this, for that moment in time that gave us Bowie and Warhol, and we were young, full of pep and transgressive, thanks, Lou, and see you sometime, babe, for a walk on the flip side.

Tax clearance

In English, French on 28/08/2013 at 10:55 am

On another front: for the first time in ten years, Le Seuil will publish early next year another book by Saneh Sangsuk, Seule sous un ciel dément, a really gripping story in throbbing prose which I’ve translated into French after translating it into English for them to assess (and incidentally published as an e-book).

French administration has greatly improved with the years: now both author and translator have to show evidence that they pay taxes in the country where they live to avoid being taxed in France. So Thai citizen Saneh Sangsuk was asked to show proof that he pays income tax in Thailand!

And so was Marcel Barang. On 1 August I went to my usual Revenue Department outfit close to the office to ask for a piece of paper stating in English that I do pay income tax here. I had to provide no fewer than eight pages of photocopies of passport, labour permit, income tax ID and income tax receipt – with presentation of the originals, of course. I was told the process took ‘only two weeks usually’ and never ‘no longer than one month’ as per regulation. ‘Leave your phone number, we’ll call you up when it’s ready.’ Curiously, even though all desks are equipped with computers, there was no record in the system of my income tax payments year after year – only of two payments made to me this year by the Ministry of Culture…

Exactly two weeks later, as I happened to be close by, and having received no call, I decided to drop by to see if that piece of paper was ready. Bad timing: I got there at a quarter to lunch. I must have disturbed a dozen well-meaning officials there who might have otherwise be on their way to nearby eateries as it took time to find out who the relevant officer was, that she was out for lunch, to call her back urgently, to find out that yes the form was on that desk there but had yet to be signed, please come back next week.

I was never called, but did retrieve the piece of paper yesterday morning on my way to my former office. It had taken only three weeks. In Singapore, I guess such a taxing exercise would take as long as one hour.

And the cherry on the cake. From L’Équipe, on the course du jour video of the Vuelta a España (it was the same with le Tour de France):

no deal

Le goût de la Thaïlande

In French, Reading matters on 05/02/2013 at 4:53 pm

gouthailande
Ce matin, un bouquin livré au courrier m’a pris à la gorge : un opuscule, un vrai format de poche, une plaquette de cent vingt pages, mais tassées : un florilège de beaucoup des meilleures pages écrites sur tel ou tel aspect de la Thaïlande réelle ou imaginaire donc vraie : Le goût de la Thaïlande, ‘Textes choisis et présentés par Christine Routier le Diraison’ (Mercure de France, 2013). Je l’ai avalé d’un coup, juste après les tartines. Ce fut pour moi l’occasion de réviser mes classiques, de Mouhot à Mishima, de Muriel Cerf à Morgan Sportès, et même de me relire : Saneh Sangsuk (avec un ‘k’, merci), Chart Korbjitti, Seksan Prasertkul et Nikom Rayawa – bref, le dessus du panier du roman thaï en français. Autant d’amuse-gueule pimentés à souhait qui font saliver et donnent envie d’aller voir sur place – pour un peu, j’irais voir moi-même – ou alors de se replonger dans les textes.

To declare an interest, comme on dit de nos jours, Christine est une amie ; nous nous sommes même retrouvés hier à l’occasion d’un de ses rares retours aux sources communes : Joël Routier, son compagnon de vie, fut jadis chef d’escale Air France à Bangkok. Ils m’avaient même fait cadeau de quelques polars en partant ! Nous ne nous sommes guère fréquentés au fil des ans, mais j’ai l’impression de l’avoir toujours connue : elle troussait déjà les Guides bleus Hachette de ce coin du monde quand j’ai entrepris d’en faire autant pour une agence parisienne (hello, Patricia) il y a plus de trente ans. C’est dire qu’elle a du métier – et elle le prouve encore avec ce vade-mecum pour qui ne veut pas voyager inculte.  Au-delà d’un choix de textes judicieux pour l’essentiel, ce qui me frappe ici c’est la pertinence et la justesse de ton des commentaires. Ce n’est pas si fréquent.

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