marcel barang

Archive for the ‘French’ Category

Le nouveau Saneh est tiré

In French, Reading matters on 05/04/2014 at 1:03 pm

seule saneh seuil

2013 in review

In English, French, Reading matters on 31/12/2013 at 10:53 am

The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2013 annual report for this blog.

Here’s an excerpt:

The concert hall at the Sydney Opera House holds 2,700 people. This blog was viewed about 11,000 times in 2013. If it were a concert at Sydney Opera House, it would take about 4 sold-out performances for that many people to see it.

Click here to see the complete report.

That other baker’s dozen

In English, French, Reading matters on 11/12/2013 at 6:37 pm

13ss coverFinal13ss2013

Now available at thaifiction.com et à immatériel.fr.

 

Walk on the Wild Side

In English, French, Reading matters on 29/10/2013 at 1:21 pm

En voilà bien une tournure (américaine) qui souffre trente-six traductions, toutes approximatives ! Je n’en ai gardé que trois.

Walk on the wild side

« Sors des sentiers battus »

Holly came from Miami, F.L.A.
Hitch-hiked her way across the U.S.A.
Plucked her eyebrows on the way
Shaved her legs and then he was a she
She says, “Hey babe, take a walk on the wild side”
He said, “Hey babe, take a walk on the wild side”

Holly venait de Miami en Floride
Ayant traversé les États-Unis en stop
S’est épilé les sourcils en chemin
S’est rasé les jambes et voilà comment « elle » il devint
Elle dit, « Hé, mec, sors des sentiers battus »
Et lui, « Hé, mon chou, goûte au fruit défendu »

Candy came from out on the island
In the backroom she was everybody’s darlin’
But she never lost her head
Even when she was giving head
She says, “Hey babe, take a walk on the wild side”
He said, “Hey babe, take a walk on the wild side”

Candy est venue à New York de quelque part ailleurs
Dans les coulisses tout le monde n’en avait que pour elle
Mais elle n’a jamais perdu la tête
Même quand elle taillait des pipes
Elle dit, « Hé, mec, sors des sentiers battus »
Et lui, « Hé, mon chou, goûte au fruit défendu »

And the colored girls go
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

Et les filles black qui font
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

Little Joe never once gave it away
Everybody had to pay and pay
A hustle here and a hustle there
New York City’s the place where they said
“Hey babe, take a walk on the wild side”
I said, “Hey Joe, take a walk on the wild side”

Le p’tit Joe n’a jamais fait de cadeau
Tout le monde devait toujours raquer
Une passe par ci et une passe par là 
New York City c’est l’endroit où on dit
« Hé, mec, sors des sentiers battus »
J’ai dit, « Hé, Joe, goûte au fruit défendu »

Sugar Plum Fairy came and hit the streets
Lookin’ for soul food and a place to eat
Went to the Apollo, you should’ve seen ‘em go go go
They said, “Hey Sugar, take a walk on the wild side”
I said, “Hey babe, take a walk on the wild side”
Alright, huh

Sugar Plum le Pédé est venu et a fait le tapin
En quête de bouffe du Sud, d’un endroit où croûter
L’est allé à l’Apollo*. T’aurais dû les voir s’activer
Ils disaient, « Hé, Sugar, goûte au fruit défendu »
J’ai dit, « Hé, mec, sors des sentiers battus »
D’accord, quoi

* L’Apollo Theater, un music-hall new-yorkais dans le quartier de Harlem.

Jackie is just speeding away
Thought she was James Dean for a day
Then I guess she had to crash
Valium would have helped that bash
She said, “Hey babe, take a walk on the wild side”
I said, “Hey honey, take a walk on the wild side”

Jackie carbure juste aux amphés
Se prenant pour James Dean le temps d’une journée
Puis j’imagine qu’elle a dû se pieuter
Le valium l’aura aidée à s’éclater
Elle disait, « Hé, mec, opte pour le côté obscur »
J’ai dit, « Hé, chérie, sors des sentiers battus »

And the colored girls say
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

Et les filles de couleur qui disent
Doo do doo, doo do doo, doo do doo

A walk on the Thai side

In English, French on 28/10/2013 at 5:53 pm

C’était en 72, chez mon ami Patrick. Il avait changé de femme. Il rentrait des États-Unis avec le dernier tube de l’underground là-bas, dont il n’était pas peu fier : Take a walk on the wild side. C’est ainsi que je découvris Lou Reed, notre aîné d’à peine trois ans, qui s’est éteint hier matin.

Quelques années et quelques femmes plus tard, j’ai suivi son conseil. I took a walk on the Thai side. Same difference.

I’ve just listened again to a public version of that same song (http://youtu.be/cAfP5BMKgjc) and dusty memories are flooding back. For this, for that moment in time that gave us Bowie and Warhol, and we were young, full of pep and transgressive, thanks, Lou, and see you sometime, babe, for a walk on the flip side.

Tax clearance

In English, French on 28/08/2013 at 10:55 am

On another front: for the first time in ten years, Le Seuil will publish early next year another book by Saneh Sangsuk, Seule sous un ciel dément, a really gripping story in throbbing prose which I’ve translated into French after translating it into English for them to assess (and incidentally published as an e-book).

French administration has greatly improved with the years: now both author and translator have to show evidence that they pay taxes in the country where they live to avoid being taxed in France. So Thai citizen Saneh Sangsuk was asked to show proof that he pays income tax in Thailand!

And so was Marcel Barang. On 1 August I went to my usual Revenue Department outfit close to the office to ask for a piece of paper stating in English that I do pay income tax here. I had to provide no fewer than eight pages of photocopies of passport, labour permit, income tax ID and income tax receipt – with presentation of the originals, of course. I was told the process took ‘only two weeks usually’ and never ‘no longer than one month’ as per regulation. ‘Leave your phone number, we’ll call you up when it’s ready.’ Curiously, even though all desks are equipped with computers, there was no record in the system of my income tax payments year after year – only of two payments made to me this year by the Ministry of Culture…

Exactly two weeks later, as I happened to be close by, and having received no call, I decided to drop by to see if that piece of paper was ready. Bad timing: I got there at a quarter to lunch. I must have disturbed a dozen well-meaning officials there who might have otherwise be on their way to nearby eateries as it took time to find out who the relevant officer was, that she was out for lunch, to call her back urgently, to find out that yes the form was on that desk there but had yet to be signed, please come back next week.

I was never called, but did retrieve the piece of paper yesterday morning on my way to my former office. It had taken only three weeks. In Singapore, I guess such a taxing exercise would take as long as one hour.

And the cherry on the cake. From L’Équipe, on the course du jour video of the Vuelta a España (it was the same with le Tour de France):

no deal

Le goût de la Thaïlande

In French, Reading matters on 05/02/2013 at 4:53 pm

gouthailande
Ce matin, un bouquin livré au courrier m’a pris à la gorge : un opuscule, un vrai format de poche, une plaquette de cent vingt pages, mais tassées : un florilège de beaucoup des meilleures pages écrites sur tel ou tel aspect de la Thaïlande réelle ou imaginaire donc vraie : Le goût de la Thaïlande, ‘Textes choisis et présentés par Christine Routier le Diraison’ (Mercure de France, 2013). Je l’ai avalé d’un coup, juste après les tartines. Ce fut pour moi l’occasion de réviser mes classiques, de Mouhot à Mishima, de Muriel Cerf à Morgan Sportès, et même de me relire : Saneh Sangsuk (avec un ‘k’, merci), Chart Korbjitti, Seksan Prasertkul et Nikom Rayawa – bref, le dessus du panier du roman thaï en français. Autant d’amuse-gueule pimentés à souhait qui font saliver et donnent envie d’aller voir sur place – pour un peu, j’irais voir moi-même – ou alors de se replonger dans les textes.

To declare an interest, comme on dit de nos jours, Christine est une amie ; nous nous sommes même retrouvés hier à l’occasion d’un de ses rares retours aux sources communes : Joël Routier, son compagnon de vie, fut jadis chef d’escale Air France à Bangkok. Ils m’avaient même fait cadeau de quelques polars en partant ! Nous ne nous sommes guère fréquentés au fil des ans, mais j’ai l’impression de l’avoir toujours connue : elle troussait déjà les Guides bleus Hachette de ce coin du monde quand j’ai entrepris d’en faire autant pour une agence parisienne (hello, Patricia) il y a plus de trente ans. C’est dire qu’elle a du métier – et elle le prouve encore avec ce vade-mecum pour qui ne veut pas voyager inculte.  Au-delà d’un choix de textes judicieux pour l’essentiel, ce qui me frappe ici c’est la pertinence et la justesse de ton des commentaires. Ce n’est pas si fréquent.

Des waï sur le rail

In French on 21/11/2012 at 7:06 pm

Avant-hier soir, y avait une émission fort détersive sur la Thaïlande à la télé, je veux dire TV5 Monde. « Des trains pas comme les autres », qu’elle s’appelle, cette série, qui semble se spécialiser dans la dissolution des impuretés d’un pays exotique à l’autre.

Elle a débuté par deux âneries débitées avec aplomb par le boute-en-train Philippe Gougler, qui commence son périple hilarant dans « la petite ville » de Hat Yai, plus d’un million d’habitants, où tous les gens en gare ce jour-là sont au garde-à-vous à 8 heures du mat’ pétantes (et 6 heures du soir) pour, nous dit-il, « l’hymne national », qui est en fait l’hymne au roi. Même la traduction en voix-off des jeunes passagers justifiant leur grégarisme biquotidien obligatoire attribuait à la Marseillaise locale leur respect pour le roi. Gardons-nous de voir dans cette « étourderie » une manipulation politique.

Tout au long de l’émission, qui dure presque une heure, ce Tintin du rail n’a pas cessé de se ridiculiser en faisant à tout bout de converse des waï (courbettes mains jointes) empruntés, déplacés voire insultants – au point de se faire rabrouer sur la fin par un bonze de ring de boxe. Un minimum de coaching lui aurait appris qu’on ne salue pas ainsi plus jeune que soi d’emblée mais qu’on attend qu’il ou elle le fasse pour lui rendre la politesse (un cran en dessous dans l’inclination de la tête ou le placement des mains jointes) et qu’on ne salue pas de la même façon barbons, bidasses, commères et marmousets.

À faire ainsi le pitre, notre boy-scout ferroviaire n’a eu aucun mal à faire rire (à ses dépens) quiconque il se chargeait d’interviewer spontanément… après mise en situation sous l’œil de la caméra bien entendu (les têtes que faisaient les quidams quasiment hors-champ racontaient une tout autre histoire), et donc de faire valoir preuves à l’appui qu’en Thaïlande tout le monde il rit et rit de tout et tout le temps. Ici ni crimes ni corruption ni violence ; ni viols, ni meurtres, ni arnaques ; rien que sourires, rires et rigolade, puisqu’on vous le dit : Gougler lave plus vierge.

Se sont ainsi enchaînés clichés et cartes postales, et je dois dire que le jeu de caméra et le montage étaient parfaits et que j’ai même appris une chose : qu’il existe, pas loin d’ici, un marché de primeurs qui colonise les rails et se replie quand la loco arrive. Cela nous change des marchés flottants. Bref, c’est l’Office du Tourisme thaïlandais qui doit être content, et les téléspectateurs francophones de la chaîne qui font les frais de cette entreprise saponifiante : des trains pas comme les autres, certes, mais on ne vous a dit ni pourquoi ni en quoi.

Que les lecteurs de ces lignes passent le mot : le train Hat Yai-Bangkok tellement vanté dans cette émission pour la qualité de son service et le moelleux de ses couchettes est à éviter absolument, à moins d’être fauché, dur à cuire, insoucieux des horaires, des pannes, des déraillements, des bombes, des inondations, des microbes – ou franchement maso. Je le sais : je le prenais il y a trente ans tous les trois mois pour l’infâme visa run de Bangkok à Penang voire Singapour et retour ; c’était déjà duraille, et, vu l’absence pérenne de budget et une gestion aberrante au niveau national, ça n’a pas cessé de péricliter, si j’en juge par les Letters to the Editor du Bangkok Post et autres témoignages contemporains.

Pour finir sur une note positive et tout à fait personnelle, TV5 Monde s’est rattrapée hier soir à mes yeux avec la rediffusion de « L’Année dernière à Marienbad » que les deux Alain firent pour moi il y a cinquante ans, quand j’étais un inconditionnel du « nouveau cinéma » et du « nouveau roman » et voyais tout en noir et blanc. Ce film, à l’aube de l’âge d’homme, je l’ai vu maintes fois – mais dans mon souvenir il y avait davantage de montées et descentes d’escalier et moins de poses torticolis de Delphine. Il marque le summum, avec quelques Godard, de ma culture cinématographique vite à bout de souffle dès qu’il s’agît pour moi d’aller trotter le globe à l’affût d’un tout autre cinéma.

Pour ce remuement tardif de l’écume de mes jours, tenez, Mesdames et Messieurs les programmeurs de TV5 Monde, je vous fais un waï – poings joints.

Where is she?

In English, French, Reading matters on 24/10/2012 at 7:38 pm

The pier for Chao Phraya Express boats at the Thon Buri foot of the Pinklao Bridge, a non-floating structure with blue, tiered, rounded roofs and sturdy, whitewashed cement skeleton, took months to rebuild in splendour. There must have been a wedding, duly advertised on both sides of that well-groomed panel, soon after the inauguration. I took a boat there the other day, but missed the bride. Picture © JR.

FRANCE 2012

In French on 01/10/2012 at 12:48 am

=

Deux choses m’ont d’emblée frappé au cours de ces trois semaines en France.

D’abord, au cœur de Paris comme au cœur de Toulouse, partout, en fait : le silence ! Une qualité rare de silence long en ouïe que mes oreilles épatées ont savouré comme un grand cru – malgré les travaux dans la maison d’à-côté : poisse tenace, moi qui sortais de réparations post-inondations assourdissantes chez pas moins de trois townhouses voisines : le m’as-tu-vu au budget millionnaire en baht à droite ; la femme du chef de la police locale qui dirige la loterie clandestine et transforme son pied-à-terre en tripot de jeux avec CCTV et portail intérieur anti-descente de flics à gauche ; et le quidam en rupture d’ouvriers au fond de l’impasse. Mais même les marteaux-piqueurs français ont des sourdines, et les voitures qui passent dans la rue sont des zéphires, give or take a few onboard ghetto blasters.

Je suis, hélas, d’une métropole où la moitié au moins de la population est dure de la feuille et point ne parle mais GUEULE POUR SE FAIRE ENTENDRE, « JE T’AIME, CHÉRIE ! », où même les quartiers résidentiels sont à toute heure soumis à des viols auditifs rédhibitoires. (Juste un exemple : ce matin, je me suis couché à 3h : « demain, c’est dimanche » ; l’abbé du monastère voisin nous a nonobstant réveillés tous autant que nous sommes dans un rayon d’un kilomètre à 6h ; le Bouddha aujourd’hui prêche en méga décibels ; le voisin de derrière a mis sa radio à fond ; pour une fois, j’ai applaudi et moi-même branché somafm à fond la caisse, non mais !)

Ensuite, au cœur de Paris comme au cœur de Toulouse, partout en fait : le ventre du ciel bleu ciel, tout uni, tout limpide, tout transparent, du jamais vu à Bangkok sous sa chape permanente de poussière, et où les étoiles, par nuit exceptionnellement claire, se comptent sur les doigts d’une main.

En ces jours de septembre, avant que le temps ne se gâte le jour même de mon départ, où pluie, froid et un embouteillage monstre inexpliqué aux abords de la Barrière de Paris m’ont failli faire rater l’avion du retour, quel plaisir ce fut de retrouver des sensations oubliées : la morsure du soleil chaud sur fond d’air frais, une omelette norvégienne ! D’aucuns passants s’étonnaient de voir ce vioque chaudement vêtu prendre son café et en griller une sur le pas de la porte dans une flaque de soleil, ou se hâler au coucher langoureux du soleil – tout en se remémorant cette amie férue de cinéma qui, il y a trente ans, sur une plage de Phuket se planta devant un crépuscule et pour finir me dit : « Pas mal, ton court-métrage ! ».

Français, sachez où le luxe authentique est, qui n’a pas cours aux antipodes.

Une autre chose qui m’a frappé, au cours de mes déplacements : pendant que j’avais le dos tourné, le réseau routier français – en fait, européen, maintenant que j’y pense, vu ce que j’ai vu du Giro, du Tour et de la Vuelta sur la toile – a attrapé la vérole : en ville comme en campagne, les croisements sont devenus des ronds-points. Fléchés. Tourniquecklisés. Paraît que c’est une Directive européenne.

À ce propos, je n’ai pas très bien compris les explications de mon frère, qui conduisait. On sait que les Français roulent du mauvais côté de la route, et que la priorité de tous temps sur les routes gauloises est à droite. Mais est-il vrai qu’en ces fameux ronds-points, la priorité est à gauche ? De quoi vous tourner en bourrique.

À propos de priorité, un truc qui m’a médusé, c’est ceci : un jour à Toulouse, au bord d’une artère passante que j’entendais traverser et, le nez en l’air, auscultais alarmé de droite comme de gauche, ne voilà-t-il pas qu’une voiture sur ma gauche arrivant à petite vitesse s’est immobilisée à dix mètres pour me laisser traverser ! Traversé, j’ai alors : manifestement, on n’était pas à Bangkok, où les passants slaloment entre bolides au quart de pare-chocs ! M’est venue l’idée que, s’il y a tellement d’accidents de voiture en France, et souvent mortels, en ce pays béni où les routes sont lisses et si bien huilées, si bien balisées que c’est un plaisir relax de conduire, c’est que cet excès de consignes et de prévenances imposées endort les conducteurs qui n’ont plus, en cas d’urgence, les réflexes spontanés des chauffards de Bangkok.

Ah, si seulement il y faisait température tropicale, qu’il y ferait bon vivre, en France (mais si, mais si, chers SDF, chers chômeurs, si cinq millions que vous soyez !) ! Je crois que je suis mûr pour la Martinique ou la Guadeloupe ou la Calédonie.

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